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HISTOIRE GÉNÉRALE
sition des ouvrages de Tinctoris (1), est le premier qui ait consacré unchapitre de son livre au choix des intervalles qui pouvaient êtreemployés dans le contrepoint écrit à trois et quatre voix (2). Ce qu’ilen dit ne concerne qu’un petit nombre de cas : toutefois cela estdigne d’intérêt, car c’est le commencement de la méthode appli-quée à l’art d’écrire à plusieurs parties. Au surplus il est à re-marquer que Gafori, aussi bien que Tinctoris, montre plus de con-fiance dans l’expérience acquise par les musiciens à l’aide d’une lon-gue pratique et d’exercices multipliés, que dans les préceptes de ladidactique ; c’est pourquoi tous deux sont aussi prodigues d’exem-ples de contrepoints à trois et à quatre parties, que sobres de raison-nements et de règles pour leur composition.
Après cette digression, peut-être un peu longue, mais qui nous aparu nécessaire pour l’histoire des progrès dans l’art d’écrire à plu-sieurs parties, retournons au quatorzième siècle et revenons à laquestion que nous avons posée au commencement ‘de ce livre :où s’est opérée la transformation qui a fait entrer la musique dansles voies de l’harmonie véritable, après qu’elle se fut longtempségarée dans les horreurs du déchant ? Déjà nous avons démontré quela seconde moitié du treizième siècle est l’époque où le mouvementréformateur a commencé, et nous avons fait voir que, dès les pre-mières années du quatorzième, cette transformation est évidente dansles œuvres des musiciens français : il nous reste à chercher si les au-tres pays de l’Europe ont pris part alors à ce grand changement.Nous commencerons notre recherche par l’Italie.
Après l’époque où vécut Guido d’Arezzo, c’est-à-dire après la pre-mière partie du onzième siècle, l’Italie disparait de l’histoire de lamusique jusqu’au treizième, aucun écrit sur cet art n’y ayantété produit pendant cette longue période ou du moins n’étant connuaujourd’hui. La politique seule semble avoir eu alors de l’intérêtpour les Italiens, à cause du développement de la puissance des villeset de l’organisation des républiques de Pise, de Gènes, de Milan, deVenise et de Florence. Leurs luttes incessantes, pendant les onzièmeet douzième siècles, ne laissaient point de temps pour la culture des
(1) Musice utriusque cantus practica excellentis Franchi™ Gafori Laudensis libri quatuormodulatissima Brixiæ, 1497, in-fol.
(2) Ibid., lib.III, cap. h.