DE LA MUSIQUE.
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arts et de la littérature. Les historiens manquent même pour les pre-miers temps de l’établissement de ces divers États. Bien qu’elles eus-sent pris part aux premières croisades, les républiques de Venise, dePise et de Gènes ne connurent ni les mœurs ni la galanterie chevale-resques qui en furent la suite dans les divers États de l’Europe, et lapoésie chantée n’y fut d’abord cultivée que par les troubadours dela Provence. Plus tard même cette poésie ne s’exerça dans la nouvellelangue italienne qu’à la cour de Sicile, et là seulement les poëteschanteurs furent en honneur.
C’est Marchetto de Padoue, didacticien de la fin du treizième siècle,ainsi qu’on l’a vu précédemment, qui a fait connaître par ses écritsl’existence d’uhe école italienne de musique dans des temps anté-rieurs, laquelle avait, suivant le même auteur, d’autres principes,dans la notation, que ceux des chantres français. Toutefois ce qu’il endit ne nous éclaire pas sur la chose essentielle; à savoir, le genred’harmonie cultivé par les Italiens dans le déchant avant la réformeopérée dans cet art vers la fin du treizième siècle. Ce déchant était-ilanalogue à celui des déchanteurs français que nous avons fait con-naître dans le livre précédent? Y faisait-on usage des successionsimmédiates de quintes, de quartes, d’octaves et d’unissons qui abon-dent chez ceux-là? Y combinait-on des chants divers amalgamésen dépit des règles du goût et du bon sens, comme dans les motets,rondeaux et autres pièces du même genre publiés par M. de Cousse-maker, d’après le manuscrit de Montpellier? Marchetto n’en dit pasun mot et rien ne peut dissiper l’incertitude à ce sujet, aucun mo-nument de cette espèce de musique n’ayant été trouvé jusqu’à cejour dans les manuscrits des bibliothèques d’Italie. Cependant il y alieu de croire qu’il n’y avait pas plus de véritable harmonie dans cepays que dans les autres, aux douzième et treizième siècles, si l’on enjuge par les affreux exemples d’orgamm rapportés par Gafori dansle troisième livre de sa Musique pratique (1).
Les premières révélations sur la situation de la musique harmoni-que en Italie, au moyen âge, se trouvent dans des documents du qua-torzième siècle : on y voit un état d’avancement relatif de cet artduquel on tire la conclusion que si les musiciens italiens ont par-' tagé les égarements de ceux des autres nations relativement à l’ancien
O Ouvrage cité, lib. III, cap. 14.