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Tome premier.
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4î4 C O N

& par conféquent la Nature n’eft pas imitable lorfqu’eiîetombe elle-même dans le vice. Mais on peut adoucir cequi paroît trop révoltant dans les effets fûrnaturels &peu communs que la Nature préfente ; en ufant de cetempérament, ils demeureront toujours a fiez piqua ru,& il n’en eft aucun dont on ne puiffe alors faire ufageavec fuccès & fans la moindre contradiâion. '

H eft encore bon d’obferver de quelle manière lescorps, au moment que le foleil fe plonge lôus l’horizon ,deviennent lumineux , & le colorent principalement furleurs bords, d’un jaune fort différent de celui de l’aurore.Celui-ci étoit plus pâle & plus argentin ; cet autre tire da-vantage lür la couleur d’or. Les ombres , au lever dufoleil, avoient de la fraîcheur ; c’eft le contraire le loir :elles ont alors un caradère d# féchereflë, refte de la cha-leur du jour, qui. a retiré toutes les vapeurs de deflus laterre. Il n’en fubfîfte plus à la fin de la journée, ce quifait que les objets, pendant que le foleil paroît encore furl’horizon, tranchent net fur leur fond , que les lumières& les ombres tranchent avec la même netteté , & queles reflets qu’occafionne dans les ombres des corps, leVoifînage d’autres corps, y opèrent une répercuffion plusvive & plus fenfible, en participant cependant toujoursde la teinte générale de la lumière répandue dans ce ta-bleau. Cette règle eft effentielle , lur-tout pour amenerles payfages à l’intelligence ; car n’y régnant prefquequ’une feule couleur, ce ne peut être qu’avec les fecoursdes reflets & en modifiant la lumière avec art, que lestons , ainfî que les formes , s’y feront fentir & s’y ar-rangeront chacun à leur place. J’oubliois de faire remar-quer, que le foleil étant près de tomber, fe trouve dansla même pofition que lorfqu’il fe levoit, & que la même