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Tome premier.
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C O N 41^

plement le récit. Bourdon penfoit qu’on ne peut trop-tô»le former une bonne manière de deffiner, & n’en con-noiflant point de préférable à celle à laquelle conduitl’étude de l’Antique, voici le chemin qu’il confeilloitde fuivre aux Etudians, à ceux qui, déjà avancés dans lapratique du Deffin, font en état de rendre avec juf-ïeffe ce 'qu’ils fe propofent d’imiter.

Il vouloit que , pour éviter de tomber dans le mef-quin, |& ne point contraéîer la manière de l’Attelierqu’on fréquente , on fe familiarisât de bonne heure avecles belles Antiques, qu’on les deffinat partie par partie& enfuite dans leur totalité , & qu’on s’en fît une tellehabitude qu’on pût, quand on le voudroit, ou que quel-qu’un le demanderoit, les deffiner même de mémoire.Mais craignant encore que cette pratique , quelque sûrequ’elle foit, ne dégénérât en manière, il crut y devoirchercher un préfervatif, & il imagina l’avoir trouvédans un établiffement de mefures & de proportions qui,différentes dans chaque figure , ainfi que pour chaquepartie en particulier, mais toujours fixes , mettroient ce-lui qui en feroit pleinement inflruit & qui y auroit re-cours , en état de pouvoir exprimer avec la plus Icru-puleufe exaftitude ce qu’il auroit fous les yeux, & nelui permettroit pas de s’éloigner en rien des formesdonnées. Il ne redoutoit plus après cela aucuns écarts. Ilfentoit bien qu’il y avoit dans cet affujettiffement quel-que chofe de méchanique ; mais il devenoit néceflâirepour contenir une jeunede, toujours prête à s’échapper& à prendre des licences, & il en pouvoit parler pluslàvamment que perlonne. De toutes les Ecoles , la fienneétoit peut-être celle qui, plus libertine , demandoit une'plus prompte réforme.

Tome I. D d