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fez les matières, il y eût porté cet efprit d’inventionqui le fuivoit dans toutes Tes opérations , & vous pouviezdu moins compter fur une excellente efquiffe, qui tôtou tard eût animé quelqu’un d’entre vous & eût fait naî-tre un cours de Peinture complet, ouvrage qui vousmanque & dont les vues droites de Bourdon lui faifoientfentlt la nécelîité.
La mort qui rompt fi fouvent des projets utiles, a faitévanouir celui-ci. Il eft pourtant vrai que notre Artifleauroit pu vous faire part encore une fois de lès réflexions ,puifqu’au mois de Juillet de l’année 1670 , il fe trouvaen tour de parler, & que fa mort n’arriva qu’en 1671.Mais un objet plus preflant & qui étoit à la vérité d’unebeaucoup plus grande importance , s’offrit à lui & lui pa-rut devoir mériter la préférence. L’Académie, vivemencoccupée de l’inftrudion de fes Elèves , délibéroit lûr lesmoyens de rectifier & d’améliorer les études. Le Brunavoit prononcé tout récemment un excellent difcoers ,dans lequel il enfeignoit la meilleure manière de deffi-ner d’après le modèle. Plufieurs Académiciens avoientpropofé chacun leur avis ; tous montroient lin grand zèlepour la perfection de l’Ecole. Comment Bourdon eût-il pu demeurer muet, lui qui dans toutes les rencontress’étoit toujours montré aux premiers rangs ? Craignantque fon fîlence ne reçût quelque mauvaife interpréta-tion , il n’attendit pas qu’on le prévint; il fe fie à lui-même un crime de n’avoir pas parlé plutôt ; & dès qu’illui fut permis, il appuya de fon fentiment ceux de fesïllufires confrères.
Je ne vous rapporterai point mot pour mot ce qu’il diten cette occafion , d’autant même qu’il fe répandit moinsen paroles qu’en démonflrations ; je vous en ferai Am-plement