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elles font généralement bonnes, elles ne font pas d’unebonté' abfolue , & doivent céder à des raifons fupé-rieures, à un autre genre de convenance. C’eft aubon efprit de l’Artifte à juger d’après la manière dontîl conçoit le fujet, s’il fera bien de s’y foumettre, ous’il eft plus à propos de s’en affranchir. Il ne s’enaffranchira jamais , fans s’impofer des obligations plusdifficiles à remplir ; celle de fatisfaire le fpeélateur parîa perfeélion du Deffin & la jufteffe de l’expreffion.S’il renonce à être riche , il ne peut plaire fans êtrebeau.
Il ne peut y avoir de meilleure leçon de eompo-jition pittorefque, que l’examen d’un Tableau biencompofé ; & cette leçon aura encore bien plus d’au-torité, fi l’examen eft fait par un grand Artifte. Nouscroyons donc ne pouvoir terminer plus utilement cetarticle , qu’en rapportant l’examen que le Brun fied’un Tableau du Pouffin dans une conférence del’Académie.
Ce Tableau repréfente la Manne envoyée aux Ifraé-lites dans le défert. Il eft connu par la bonne eftampequ’en a fait G. Chafteau.
On voit à la droite, fur le devant, une femmeafiife donnant la mammelle à fa mere , & careflant fonenfant. Auprès d’elle eft un—bemma. de bout qui ad-mire fa vertu, §c un peu plus en arriéré un autrehomme malade , affis à terre , & le foulevant un peuà l’aide de fon bâton.
Un autre vieillard , près de cette femme , patoît afFoi-bli par une longue mifere. Il ale dos nud : uVjeunehomme lui pafle la main fous le bras pour l’aider àfe lever.