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ïès atteliefs la marche de l’invention des langues,jparce que des befoins nouveaux & des fenl’atiorispromptes y contraignent plus fouvent que dans lafociété ordinaire , à inventer des lignes ou des mots& à donner à ceux qui exiftent dans la langue gé-nérale des acceptions particulières.
Ces expreflions , comme je l’ai obfèrvé , prennent 'leur caraétère de ceux qui les premiers en ont faitufage , & c’eft d’après ce caraélère qu’elles fe trou-vent être nobles , familières , férieufes , gaies , quel-quefois baffes & burlefques.
Croquis eft du nombre de celles-ci.
Croquer , c’eft manger vite : croquer , en termesd’atteliers de peintres , c’eft exécuter à la hâte.
Un croquis eft une première idée, indiquée parquelques traits de crayon , quelques gt’iflonnemensde plume ou quelques traces de couleurs fans dé-gradations.
Cette expreffion convient mieux aux Arts dont lesobjets font dès imitations vifibles, qu’aux Arts dontles produirions s’opèrent par des lignes convenus jauffi l’on dit plutôt : un croquis de compofuion, defigure, dé payfage , qu’un croquis de poëme où demufique. Les croquis des grands artiftes font prifésdes curieux , comme les moindres reliques des faintsfont recherchées par les dévots ; auffi cette forte devénération, eft-elle fouvent pouffée trop 3oin ; cardes griffonnemens qui ne défignent prefquë rien &des indications à peine reconnoiffables de compofi-tion ou de parties de figures ne méritent certainementpas plus l’aflèétion de certains amateurs, & la vé<nération qu’ils exigent ffe ceux à qui ils les montrent
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