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Tome premier.
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549
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C R O 5-49

difcoutt, d’un grand ouvragé, comme onquijfe d’un tableau.

Pour revenir à ceux qui ordinairement font plus decroquis que d’efquijjes , je parle des jeunes artiftes,je hazarderai de leur dire : ïï rien n’eft fi attrayant& fi commode pour vous , que de produire en uninftant vos conceptions, peu méditées, par des croquisqui leur reffemblent , foyez affûtés que rien n’elbplus nuifible à vos talens naiffans, que d,’en faire-une trop grande habitude.

Cette habitude flatte votre penchant & votre amour-propre ; mais elle met obftacle à un développement-qui efl: néceffaire. Il n’éfl: que trop ordinaire dans la~jeuneffe , de fe croire Peintre & Poëte , pour avoir eu'quelques idées vagues , & tracé quelques indicationsde. ces idées , l'oit avec le crayon , foit avec la plume.’Cette marque fl incertaine du talent coûte peu ; mais ilen 'coûte fouvent beaucoup à' ceux, qui ont un talentvéritable pour mettre la dernière main , la dernièrecorreélion à leurs ouvrages, & la diftance du pre-mier de ces deux points à l’autre efl: grande.

Je ne prétends pas, par cette obfervation, priverentièrement le- jeune artifte- du plaifir d’effayer fongénie ; mais fi j’étois digne de vous guider dans vos-,études & de conduire votre talent, je ne vous per-mettrois de vous fatisîaire par quelques croquis , quepour vous récompenfer d’avoir terminé d’une manièrefatisfaifante, la copie de quelque beau deffin des grandsMaîtres , parce que vous conferveriez en vous livrantà votre imagination , l’idée de ce qu’il faut ajouter de-filins j pour tirer d’un croquis , un ouvrage tc;-»-miné. 1

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