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àtïles, & à l’emploi raifonnable qu’on doit faire destalens , dans un royaume même très-floriffant. *
Le luxe, la mode, l’efpoir fouvent chimérique de làfortune entraînent un nombre infini de pères de familleà marquer à leurs enfans une deftinée qui n’étoit pascelle que leur avoir marquée la nature. On peut direde cette foule qui fe précipite à nos écoles de deffin ;combien d’appelés & combien peu d’élus. Que deviendracependant la plus grande partie de ce peuple, confacréaux art fans difpofnions & fouvent même au mépris deleurs difpofnions naturelles? une vie malheureufe lesmenace & c’eft ainfi que nos ayeux faifoient tant d’in-fortunés, lorsqu’ils vouoient leurs enfans à l’état mo-naftique, avant qu’ils euffent non-feulement la moindrevocation , mais la connoifïance la plus légère des obli-gâtions qu’on leur impofoit. Ce nombre de mauvaismoines contribuoitfans doute à corrompre les mœurs,à avilir la religion; & nos mauvais artiftes multipliéscontribuent déjà vifiblement & contribueront de plusen plus à corrompre & à avilir les arts. Il eft vraiqu’un mauvais peintre n’eft pas enchaîné comme uareligieux, par des vœux indilTolubies; mais, parvenu àtrente ans, ne s’étant occupé qu’à gâter des couleurs,quelle reffource lui refte-t-il ? Je fuis donc bien éloignéde vouloir exciter aujourd’hui les pères de famille àvouer leurs enfans aux mufes, qui le plus fouvent re-jettent ces offrandes , ou plutôt ces viélimes.
Pour vous, jeunes élèves , qui, doués de véritablesdifpofnions, & du germe des talens, avez déjà droit derelever mes erreurs, fouvenez vous que rien n’eft ffnoble que la carrière cü. vous entrez, mais qu’il faue^es talens, de l’étude & des mœurs pour fe paicourif