Band 
Tome second.
Seite
170
JPEG-Download
 

*7d EPR'

lettre. Il pouvoir très-bien arriver que l’Imprîmeufmême fans favoir comment, eût mis plus d’adrefle àençrer & effuyer fa planche la centième fois que lapremière , & que la centième épreuve fût la plus belle :car il y a une forte de hafard qui préfide au tirage deseftampes , & quand le cuivre eft bon , une planchepeut tirer plufieurs centaines ^épreuves d’une égalebeauté.

Mais les amateurs, au lieu de faire cette réflexion *s’obftinèrent à rechercher les épreuves dont la primauté8c la rareté fembloient affurées par l’abfence de lalettre. Tous voulurent en avoir, 8c les graveurs , lesmarchands, trouvèrent un moyen facile de les con-tenter ; ce fut de faire tirer cent, deux cents, troiscents épreuves , & même davantage, avant de fairegraver la lettre. Que ces épreuves {oient belles oumédiocres , peu importe : elles font avant la lettre ,£c l’amateur eft content. Le marchand l’eft encoredavantage , parce qu’il retire promptement de trots centsépreuves a ant la lettre , plus que ne lui auroit procureplus lentement le double avec la lettre. On a auffi.l’adreffe d’en cacher un certain nombre, 8c de ne leslivrer à l’avidité des amateurs que lorfqu’elles ont ac-quis une valeur nouvelle par leur prétendue rarete.

L’avarice de Rembrandt lui avoir infpiré une autrecharlatanerie ; c’étoït de faire quelques changemens ala planche apres en a lr oir fait tirer un certain nombred’épreuves , & même d’y donner un effet différent quandelle étoit prefqu’ufée. On vouloit avoir l’épreuve avantle changement, celle avec le changement, celle avecl’effet nouveau. On imite cette charlatanerie à moinsde frais 3 tantôt en laiffant d’abord fubfifter une faute