Pourquoi ne donneroient-ils pas dans un piège où. fefont laiffé prendre tant de grands maîtres de l’Italie?Nous ne croyons donc pas inutile de rapporter ici lesprincipales obferyations de M. Falconet fur cette an-tique.
Pendant que ce célèbre fculpteur s’occupoit à Péters-bourg des études de la Jlatue équeftre de Pierre-le-Grand, il fit venir de Rome pour fon inftruélion , latête, les cuiffes & les jambes du cheval de Marc-Au-rèle, moulées fur un beau plâtre de l’Académie, quil’avoit été lui-même fur le bronze original. C’étoit unmaître qu’il avoit cru mander ; maïs en voyant cesparties capitales, il reconnut qu’il n’avoit pas de leçonsà en recevoir.
Quoique l’original, doré autrefois en entier, & enpartie dédoré par le tems,. faffe, comme on l’alfure,une illufion féduifante au capitole, parceque l’éclat dela dorure, & les tacites des parties qui l’ont perdueempêchent de bien lire les détails, on peut dire que latête en plâtre, expofée à la même hauteur dans l’at-telier de M. Falconet à Péteribourg, ne pouvoit cauferla moindre illufion même aux plus ignorans. Je mereffouviens que lorfque j’entrai pour la première foisdans cet attelier, je ne fus au premier coup d’œil, fij’appercevois une tête de rhinocéros ou de vache ; l’idéed’une tête de cheval fut la derniere qui s’offrit à mapenfée. M. Diderot éprouva à peu près la même impref-fion.
II eft peut être bon d’avertir les perfonnes qui neconnoiffent pas les procédés des arts, qu’il n’en eft pasd’un plâtre moulé fur une ftatue, ou même furmoulé,comme de la copie d’un tableau. La copie peut être