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EXT 243
buè-t-elle infiniment à rendre agréables les tableauxdes peintres qui, les ayant étudiées, les rendent fen *fibles dans leurs ouvrages. C’efl: ainfl qu’une Vierge duGuide ou de l’Albane s’embellit aux yeux de ceux quila regardent lorfqu’on obferve les juftes proportionsde fes doigts finement étagés & d’une main doucementarrondie , dont les mufclës forment dans les points oùils s’attachent de légères cavités , pour défigner , parles formes les plus agréables , ce que les articulations& la nature des os pourroient donner de féchereffeaux mouvemens.
La nature a formé les pieds fur les mêmes principes,& leur a donné les mêmes moyens de contribuer à laperfection générale par les beautés de leurs formes &la variété de leurs différentes parties : mais l’ufage s’op-pofe parmi nous aux études qui feroient néceflaires auxpeintres pour faire un plus fréquent emploi de ces four*ces d’expreflions & de beautés. Ils ne trouvent prefquejamais pour objets de leurs études que des pieds plusou moins déformés par les loix de la mode , & par l’arcdes cordonniers, tous plus ou moins habiles à détruirela nature.
Là nécelfité nous contraint à couvrir nos pieds demanière à ne pas laifler même entrevoir leurs formes , &:l’ufage, ou plutôt l’abus & l’extravagance d’une pré-tention mal entendue, conduit fur-tout les femmes àdéfigurer ces parties, fans que les douleurs habituelles& les inconvéniens qui en réfultent, puiffent l’emporterfur les faux préjugés qui fe font établis.
Et comment, fi la gêne & les douleurs ne les détrom-pent pas, pourroit-on , par des raifonnemens, perfuaderà nos belles que l’exceflive petiteife des pieds, beauté
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