Band 
Tome second.
Seite
404
JPEG-Download
 

*©* GÉN

Notre langue, clans l’acception commune , nes*écaft&point de la latine; on dit, luivre fon génie; on prendmôme , comme les latins , le génie en mauvaife part, &l’on dit un génie pelant.

Niais il s’agit ici du mot génie , tel qu’il s’emploiedans la langue technique des lettres 8c des arts, & l’ac-ception en eft fi peu déterminée, que le plus fouventceux qui l’empioyent font loin de s’entendre eux-mêmes.

Cependant, quelle que foit cette acception , le géniene fera toujours qu’une ou plufieurs qualités de l’ef-prit ; mais comme , dans l’ufage ordinaire, on a tropfouvent réduit le mot efprit à lignifier ce qu’on entendpar bcl-efprit, efprit vif, fin, brillant, on a imaginéd’exprimer par le mot génie , les qualités lupérieures del’efiprit, celles qui témoignent plus fa grandeur, quefon éclat & fa fubtilité.

Airifi quand l’cfprit fe manifeste dans les ouvrage»de littérature par de grandes idées, dans la politiquepar de grands delïïns , dans l’art militaire par de grande»opérations ; il fembleroit pouvoir mériter le nom degénie.

Cette définition fera peu conteftée pour ce qui con-cerne l’art de la guerre & la politique; mais il n’eneft pas de même quand il eft queftion de littérature.X.es lettrés , nation jalou.fe 8c pointilleufe , employenttoutes les reffoürces de leur efprit pour refufer la palme-du génie à ceux d’entre eux qui pourroient y prétendre ;fouvent ils ne l’accordent pas même à ceux qui ont eules plus grands fuccès dans les genres les plus élevés,ou du moins ils la réfervent pour la dépofer fur leurs.tombeaux.