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s’il ne pofsède pas ces qualités, n’a pas de reffourcrfpour y fuppléer.
Elles s’accordent parfaitement avec l’étymologie dumot génie ( ingenium ) ; elles font nées en l’homme,elles font nées avec lui, ( ingénitæ , ingenium ) , &c’efi ce que le mot de genzefignifîe dans fon origine.
Si cette idée eft jufte, elle nous fera découvrir enquoi confifie le génie dans les arts de peinture & defculpture.
Si l’artifie fe repréfente suffi vivement à l’imagina-tion la fcène qu’il veut traiter que fi elle fe paffoitfousfes yeux , fa compofition fera vivante , comme fontCenfés l’être les perfonnages qui contribuent au fujet.Si, doué d’une exquife fenfibilité, il partage tous lesfentimens dont ces mêmes perfonnages doivent êtreanimés, il leur en communiquera la véritable expref-fion. S’il a cette vue profonde qui d’un coup d’œil em-braffe un grand nombre d’objets & les enchaîne entreeux par les liens de leurs rapports, il unira par cettechaîne toutes les parties de fa compofition 8c les feracontribuer à l’expreffion générale.
C’eft donc l’expreffion qui conftitue le génie dans lesarts, & c’eft ce que Mengs femble avoir fenti, lorfiqu’il a fait confiller dans l’expreffion la partie qu’onnomme invention.
En effet, fi l’invention eft la première partie de l’art,fi c’efi: elle q»ii procure à l’artifte la palme du génie& celle de l’immortalité , doit-on donner ce nom autalent de multiplier des figures, de les agencer d’unemanière agréable à l’œil, de les diftribuer en grouppesqui préfentent une belle fcène d’apparat; talent quin’efipas xnéprifable fans doute, mais qui ne fuppofe pas.