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Tome second.
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gant, il falloît rentrer le contour d’une dixième partiede la largeur de ce membre , fuppoûtion fort exagérée ,cette corre&ion étoit dans l’eflampe d’une centièmepartie & devenoit imperceptible : mais fi elle n’étoiten effet que d’une cinq-centième partie ou moinsencore, ce qui eft plus approchant de la vérité, com-ment la vue auroit-elle pu l’apprécier,? C’efl: ainfi qu’ungraveur très-habile dans l’art du deffin , peut corrigerle peintre fans l’offenfer ; c’eff: ainfi qu’un graveurqui defîine foiblement peut gâter le deffin d’un maî-tre , en détruire le caractère , fans que le maître lui-même puiffe appercevoir comment on l’a travefti, enl’imitant de fi près.

„ Si le meilleur goût de deffin eût fait le feul méritede Gérard Audran , fes eftampes devroient être recher-chées : mais il peignoit avec la pointe & le burin, &ces deux infirumens prenoient en fa main la facilité de labrolfe. Tous les objets recevoîen. de fon art le caraélèrequi leur étoit propre. De belles fuites de tailles, destailles courtes, placées avec une négligence apparente,des travaux bruts, à l’eau-forte pure, des travaux auburin aufli bruts que ceux de l’eau-forte , des pointsmis en quelque forte au hafard , produifent la magiede fa gravure. Dans quelques croupes de chevaux desbatailles d’Alexandre, vous voyez le burin le plu*,ferme-, dans d’autres parties, vous ne reconnoiffezqu’une eau-forte pittorefque. Des tailles plates fuffifentà rendre les plans reculés : des points de différentesformes, de différentes groffeurs , expriment les teintesdes différentes fortes de chairs. Qu’un homme qui con-noît la gravure regarde le tableau qui étoit fous lesyeux d’Audran, il le gravera en imagination d’une ;