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bleaii eût-il douze, vingt figures, elles font fouveirètoutes étudiées d’après ce module , comme fl l’artiljecraignoit de répandre trop de variété dans fes ouvra-ges. Cependant il cherche cette variété, & pour yparvenir, il travaille d’idée d’après nature , chargeantles formes du modèle s’il fait un Hercule, & les adou-ciffant s’il fait un Apollon.
Un modèle , nommé Defchamps, a pofé pendant plu*de quarante ans à l’académie de Paris. Pendant cettelongue période de temps , prefque toutes les figure*des tableaux de l’école françoife ont été étudiées d’a-près Defchamps : tantôt Delchamps étoit Mercure tou-jours jeune , tantôt il étoit le terrible Mars, tantôtNèptulté , Pluton , Jupiter. Ceux qui avoient quel-qu’habitude de l’école reconnoiffoient l’eternel Def-chatups dans les differens ouvrages des peintres & de*flatuaires , & admiroient les nombreufes mctantorpho-fes qu’on lui faifoit fubir. Il n’y avoit pas jufqu’àfa tête qui ne fe fit quelquefois reconnoître, & l’onétoit étonné de voir fa face un peu bachique , devenuecelle d’un héros ou d’un dieu. 11 eft vrai que cemodèle étoit beau -, mais Zeuxis raflembloit les beautésde toute une ville, pour en former une feule beauté,& les' artifies ftançois , au contraire , prenoientune feule beauté pour en faire toutes les beauté*différentes. ( Article de M. Levesqve ).
MODÈLE. ( Terme de fculpture ). Comme il eftaifé de perdre un bloc de marbre, fi l’on en ôte plusqu’il ne faut pour produire l’ouvrage qu’on fe pro-pôfe; comme d’ailleurs le marbre ne fe manie pasaifément } ainfi qu’une fubftance molle qu’on pé;ric