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Tome troisième.
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les beaux modèles de Bouchardon, il en compofoit denouveaux, ou il confacroit les laborieux loifirs à faireces deffins fi làvans 8c fi purs , que les amateurs re-cherchent avec tant d’avidité.

Quoique fouvent , comme on l’a dit, un favancmaître ajoute fur le marbre des perfeflions nouvellesà fon ouvrage , cependant les beautés d’une excellenteftatue en marbre , & celles d’un excellent modèle peu-vent fe balancer, parce qu’elles ne font pas toutesdu même genre. Celles qui tiennent aux formes &aux proportions font les mêmes ; celles qui Tiennent àl’exécution font différentes. Le modèle étant fait d’unematière flexible, les beautés refpirent la facilité, le goût& même le ragoût : on aime à fentir & à fuivre les tracesvariées du doigt qui s’eft promené fur tout l’ouvrage; onaime à reconnoître ces coups d’ébauchoir, tantôt hardis ,tantôt badins , qui donnent ici le feu & la vivacitéà un œil, l’efprit à une bouche , le fent'ment à unenarine, & là une aimable légèreté à un linge flottant,à une boucle de cheveux. Le travail du marbre eftplus difficile, & par conféquent plus auftère ; il eftmoins fufceptible d’efprit, mais il eft plus capable defierté; il fe refufe au badinage de la main , mais l’em-preinte du fentiment y eft plus profonde; on reconnoîcen général qu’il a coûté davantage , mais on jouit del’habileté de l’artifte par-tout où l’on ne peut s’ap-percevoir qu’il lui ait coûté. Souvent la ftatue étonneplus, & le modèle fe fait plus aimer : fouvent aufli1 œil avide, & incertain fe porte de l’un à l’autre,& n’ofe diéter à l’efprit aucun jugement. Il fautavouer cependant «Ju’en général, fans parler de cequi tient à l’art, l’éclat doux & tranquille du marbre