Band 
Tome troisième.
Seite
486
JPEG-Download
 

MOE

connoître les mœurs 8c les ufages du temps, du payioù s’eft paflee l'action qu’ils repréfentent. Une femmede l’Ionie aura des grâces voluptueufes -, une femmede Sparte, l’audace d’un courage riril. Il faut qu’onteconnoifle qu’elle feroit capable de dire à fon filspartant pour le combat: reviens avec ce bouclier, oufur*e b'ouclïtr : parce que c’étoit une infamie de pei;drecette arme , & parce que _c’étoît fur leur bouclierqu’on rapportoit les morts.

Les hommes même médiocrement inftruits faventà peu près dans quels temps, & chez quels peuplesont brillé les richeffes, le fafte , les arts de luxe. Lepeintre ne pe'ut donc .les, .tromper , & ne fait quedévoiler fon ignorance, quand il fuppofe le luxe & laricliefle dans un ûécle ou chez un peuple pauvre^. C’eftune fja&te fquvent d’autant moins pardonnable qu’elleeft commife volontairement : les peintres croyent en-richir fleurs tableaux en y prodiguant l’or, la foie,les 'ornemens d’un- -luxe recherché, comme fi la ri-chelfe de l’art étoit la même que celle des nationscorrompues. Us reflemblent à ce peintre contemporaind’Âpelles,* qui faifoit Hélène riche, ne pouvant lafaire belle. Ils couvriront d’or un général lacédémo-nien , dans les temps où les métaux précieux étoientexilés de Lacédémone. Ils donneront une épée d’or,un cafque d’or à Jafon , à Théfée, tandis que mêmeles rois qui afiifterent au fiége de Troye n’avoient qufedes épées enrichies de doux d’argent, & qu’une queuede cheval faifoit l’ornement de leur cafque : ils dé-coreront de colonnes corinthiennes la maifon du fou*"verain de la pauvre Itaque , quoique Callimaque,Inventeur du chapiteau corinthien , n’ait fleuri que