Band 
Tome quatrième.
Seite
134
JPEG-Download
 

134 P E f

fefîion, fût alors eflimée à Rome ; il s’agiffoït moinsde clioifir un état au jeune homme muet & incapabledes fondions de la fociécé , que de lui trouver uneoccupation dont il pût s’amufer.

Cependant comme l’efprit national changea chezles Romains fous la domination des Empereurs, onpeut croire que la profeflion des artiftes acquit alorsplus de conüderation. Les Rem ins du temps de larépublique n’étoient animés que de l'efprir de liberté& de celui de conquêtes ; quand ces deux pallionsfurent affoiblies , celle des arts put trouver place dansleur. ame. On n’ofoit pas fans doute rnéprifer les artsfous le régné de Néron, qui fe fail’oit gloire d’êtreartifte lui-même.

(66) Amuiius : la gravité de ce peintre qui" nequittoit pas même la toge pour travailler , peut fairecroire qu’il n’étoit pas d’une condition commune. Lamême décence qu’il obfervoit fur fa perfonne, feremarquoit dans les ouvrages : c’étoit un peintre àla fois févere & brillant. Je ne fais pourquoi Plinel’appelle peintre de J'ujets communs , humilis rei piflor,lorfqu’entre les ouvrages, il fait mention d’une Minervequi regardoit le fpetlateur de quelque côté qu’on laregardât. Ce n’eft point fans doute un fujet humble& commun, que la repréfentation de la plus fagela plus impofante, & l’une des plus belles des Déeffes.Amuiius ne donnoit chaque jour que peu d’heuresà la peinture. On voyait peu de fes tableaux, parcequ’occupé conftamment par Néron, la maifon doréede ce prince fut la prifcn du talent de Panifie.