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Tome quatrième.
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dans l’efprit du fpe&ateur , égaroit fon imagination ,& l’empéchoit de la concentrer fur l’objet principalqui devoit feul l’occuper. Aufli voyons-nous que lespeintres les plus fages, & furtout Raphaël, ne le fontpas ordinairement fort écartés à cet égard de la prati-que des anciens.

Mais foutiendrons - nous qu’ils ne multiplioientpas les plans, qu’ils n’indiquoient pas le vague del’air, qu’ils n’obfervoient pas la perfpective aérienne,lorfqu’ils repréfentoient des payfages , des vues , desmarines ? Nous ferions démentis par la defcription troDfuccinte qim Pline nous a laiffée des tableaux de Ludius :nous le ferions bien plus puiflamment encore par unaffez grand nomdre de tableaux d’Herculanum. Je nepuis parler que d’après les eftampes ; plufieurs offrentdes vues qui fembleroient gravées d’après des artiftesmodernes.

La pureté du deffin ,‘le beau choix des formes ,l’expreflïon, la convenance; voilà les grandes partiesde l’art ; voilà celles qui ont affuré à Raphaël lefceptre de la peinture. Toutes ces parties fe trouventen un degré éminent dans les belles ffatues antiques :pouvons-nous même raifonnablement préfumer qu’ellesne fa trouvoient pas au même degré, dans les beauxtableaux des grands peintres de la Grece 1 Mais fi lesbelles peintures antiques avoient le mérite de réunirces parties fupérieures de l’art, comme l’avouent mêmeCeux qui veulent dégrader les peintres anciens, com-bien ne devoient-elles pas l’emporter fur les ouvragesmodernes qui, n’offrant ces parties que dans un degréinférieur, brillent par les alléchemens du coloris , parces recherches de clair-ob'fcur qu’on appelle magi-Tome IV. ' K