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» parvenir, il affcmbla quelques gens de plaifir qu’il» invita à dîner; & lorfque le repas les eut difpofés» à la joie , il les entretint de contes plaifans qui les» animèrent encore davantage : cependant Léonard» étudioit leurs gefles , examinoit avec attention les» mouvemens de leur vifage, & dès qu’il fut libre ,» il fe retira dans fon cabinet^ où il deflina fi par-» faitement, de mémoire , cette fcène comique , qu’il» étoit impoffible , fuivant Paul Lomazzo , de s’em-» pêcher de rire en la voyant. Cet auteur ajoute que» Léonard fuivoit les criminels jufqu’au lieu du fup-» plice , pour faifir, fur leurs vifages, les impreffions» de la terreur & de la crainte. Léonard n’étoit pas» moins attentif à faire une exafte recherche des phy-» fionomies : lorfqu’il rencontroit quelque tête bizarre ,» il l’auroit fuivie tout un jour plutôt que de la» manquer. Il avoit toujours fur lui des tablettes, dans» lelquelles il rapportoit les objets qui le frappoient» le plus vivement : il confeilloît à tous les peintres>3 d’en ufer de même, & de faire des coile&ions de» nez, de bouches, d’oreilles & d’autres parties, de» formes & de proportions- différentes, telles qu’on les» trouve dans la nature; c’éroit, félon lui, la meil-» leure méthode pour repréfenter les objets avec vé-3> rite. Son exemple le prouvoit; il donnoit à fes por-» traits la plus grande reffemblance. Les Carraches ,x> 8c depuis eux plufieurs autres peintres, ne fe font» guère exercés à faire des charges que par iin fimple» badinage; mais Léonard, dont les vues écoient3> plus étendues & plus folides , avoit pour objet» l’étude des pallions ».
Ces études de Léonard ne font pas encore fuffifantes