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la plus agréable féduflion du métier ; c’efl: lui quia donné le modèle de cette manœuvre juftement goûtéedes modernes , mais qu’ils femblent trop regardercomme une des parties capitales de l’art. 11 cherchoità imiter le Corrége-, mais il ne put l’atteindre dansl’extrême variété des fermes, dans l’ondoyant de» con-tours, & en voulant imiter les grandes demi-teintesde ce maître, il lui arriva de tomber dans le gri âtre.On paroît s’accorder à lui affigner le premier rangaprès les trois plus grands maîtres, Raphaël , le Ti-tien & le Corrége. Il a furpaffé chacun d’eux dansquelques parties -, il a réuni à un aflez haut degréplus de parties qu’aucun d’eux ; mais il n’a pas , commeaucun d’eux , excellé au plus haut degré dans unepartie capitale, & c’efl: à cette excellence que fontïéfervés les premiers rangs.
On l’a loué d’avoir profité des détails de la naturecommune que les grands maîtres dans l’art du deffvnavoient cru devoir négliger ; d’avoir regardé la na-ture comme la limite de l’art, & les fuppofitions d’unebeauté fupérieure à la nature comme chimériques :nous ne croyons pas devoir adopter ces jugemens ; ilsfont d’un artifte dont le nom pourroit leur donnerde l’autorité : mais cette autorité efi: balancée par celled’un grand nombre d’autres artiftes juftement célèbres,& doit céder furtout aux grands principes de la hautepoëfie de l’art. Louons plutôt Annibal de ce qu’arrivéà Rome dans un âge où communément on dédaigne defe réformer, il corrigea la maniéré après avoir vul’antique & les ouvrages de Raphaël, modéra la fou-gue de fon génie , châtia ce qu’il y avoit de^'tropchargé dans Tes formes , chercha à imiter la beautédu cara&ère antique.