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Tome quatrième.
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Le cabinet du Roi renferme vingt-deux tableauxd’Annibal ; nous ne parlerons q uk d’un petit nombre,deux Nativités dont l’une peinte fur cuivre, eftiméepar la beauté du dellin & par la manière favante aveclaquelle le peintre a conduit fa lumière dont l’enfantJefus eft le foyer : l’autre regardée comme un mor-ceau des plus précieux par la fierté 8c le grand goûtdu defiin , la vigueur du coloris, l’exprefiion 8c lebeau choix qui régnent dans les plis des draperies lefilencc du Carrache , où fe joint aux mêmes partiesde l’art l’élégante {implicite de la compofition : Jefus-Chrift placé dans le tombeau , morceau d’une bellecompofition ; & dune expreffion vraie & touchante t.la refurreftion de Jefus-Chrift, tableau d’une bellepoëfie : Saint Sébaftien, qui fuffiroit pour faire con-noître le mérice du maître : un payfage avec un hermiteen méditation ; tableau digne de la réputation d’An-nibal dans la peinture du payfage.

Auguflin eut un fils naturel nommé Antoine ,qui, dit-on, auroit pu égaler & l'urpafler peut-êtreles autres Carraches, s’il avoit vécu plus longtemps.On vante les trois chapelles qu’il a peintes à frfefqueà San-JSartolomeo ntlC ifola. On voit au cabinetdu Roi un tableau de ce peintre repréfentant le déluge.Il y a de l’aélion & de la variété dans la compo-fition ; mais on fent trop que l’artifle a voulu faireufage des academies qu’il avoit dans fon porte-feuille.On y remarque une belle penfée. Un vieillard effayede fe fauver fur un cheval blanc qu’il embrafle de fesdeux mains; un homme veutjs’artacher à ce cheval,& en eû mordu à la tête fans paroître même fentirla douleur qu’il éprouve, & fans que cette douleur