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ne parvînt qu’l imiter le vrai fans rendre fenfible/par les moyens de fon art , l’idée du beau , ce n’eftpas fa méthode qu’il en faut accufer ; mais il vittrop tard les modèles qui auroient pu l’élever jufqu’àl’imitation de la beauté.
Il s’appliqua d’abord à repréfenter des fcènes de lavie commune, aimant mieux, difoit-il, être le pre-mier dans cet humble genre, que le fécond dans un- genre fupérieur. Mais quand il eut vu des tableauxitaliens , piqué d’une noble émulation, il fe livraau portrait & à l’hiftoire. On dit que la manière duCaravage le frappa, 8 c que ce fut elle qu’il fe pro-pofa d’imiter ; mais s’il eft vrai qu’il ait empruntéquelque choie de ce peintre , ce fut en maître quieonferve fon cara&ère propre.
Son talent étoit formé quand il vint à Madrid.Philippe IV le nomma fon premier peintre, & le dé-cora de la clef d’or. L’artifte obtint du prince la per-,million de voir l’Italie : il étoit trop tard ; il eft: unâge où l’on n’a plus allez de flexibilité pour s’idemtifter les qualités des autres. Le goût qu’il s’étoit faitRe lui permit pas de rendre juftice à Raphaël; mais iladmira le Titien. Il mourut à Madrid en .1660, àfon retour d’un fécond voyage d’Italie.
* C’eft un peintre de la plus grande vigueur de cou-leur , mais qui n’a pas eu, dans cette partie, toutela fineffe du Titien. Il l’a furpaffé pour le clair-obfcur& la perfpeflive aerienne, & a eu peu d’égaux dansl’art de rendre la nature fans choix , mais dans toutefa vérité.
« Quelle vérité, dit Mengs, & quelle intelligence» du clair-obfcur dans les ouvrages de Véial'quçz, î