t
P E I 3S71
S tvemens de relief & de ftuc.Les connoîfleurs
» trouvent que le deffin pourroit être plus correét y» & que les draperies ne font pas tout-à-fait bienjj entendues, ni faites d’après nature. Mais le tout-» enfembleeft fi agréable & fiféduifant, que les yeux» les plus indifférens pour les beautés de l’art ne peu—
» vent fe laffer de le contempler ». Nous avons cmdevoir tranfcrire ce morceau , parce qu’il repréfentebien le caraélère de Pierre de Cortone, aimable &dangereux enchanteur, qui fafcine les yeux, permetà peine à la raifon de remarquer, fes défauts, & lesrend même fi féduifans , qu’on eft tenté de lesimiter.
Il voyagea enfuitedans la Lombardie, &à Venifê,& revint à Florence, où il peignit les plafonds dupalais Pitti : mais pourfuivi par les calomnies des ar-tiftes jaloux , il quitta cette ville, laiffant mêmequelques ouvrages imparfaits. Il continua d’êtrechargé à Rome de grandes machines, & y fit quel-ques tableaux de chevalet, quand la goûte , dont ilétoit tourmenté, ne lui permettoit pas de monter furles échafauds. Ces fortes de tableaux font rares, parcequ’il n’en a jamais fait que lorfqu’il étoit retenu parfon infirmité. Il reçut du pape Alexandre VII l’ordrede l’Eperon d’or , 8c mourut peu de temps après, eni66p, âgé de foixante 8c douze ans. Célèbre par festalens , il étoit chéri par la douceur de fes mœurs. '
Plufieurs édifices ont été bâtis à Rome fur les def-fins. On y reconnoît un goût capricieux que le Bor-romini a porté jufqu’à l’extravagance.
M. Cochin, qui eft très-favorable à ce peintre, luiaccorde le mérite d’ayoir excellé dans le mouvement*