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Tome cinquième.
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vrages un mérite féduifant, mais il efl impoflible qu’ellene nuife pas à d’autres mérites d’un genre fupérieur.On aime à voir que l’artifte a opéré en fe jouant,qu’il poflëdoit aflez bien les plus grandes difficultésde fon art pour n’en faire qu’un badinage, qu’ilen avoit allez pénétré la fcience , & le l’étoit rendueaflez familière pour en marquer l’empreinte dans lesjeux de fon pinceau. On aime à fuivre la marche lé-gère & libertine qui fembloit devoir l’égarer, &qui n’a fait que le conduire plus promptement aubut. On reconnoic avec plaifir dans fes ouvrages , cesgrâces particulières qui toujours accompagnent l’a-drefle, & qui fuient la fatigue du travail & celle dela réflexion.

La preftejfe procure encore un autre avantage quil’a fait rechercher des peintres Vénitiens ; c’eft qu’elleefl favorable à la couleur qui n’eft jamais plus belleque quand elle n’eft pas tourmentée, que quand l’ar-tifte la pofe largement & avec facilité fur la toile oule paneau pour n’y plus revenir. Le Titien faifoit lèstableaux de peu de chofe , & les terminoit par destouches fières & hardies'. On ne pourroit fans injuftic*lui refufer la fcience du delfin & la jufteffe du coup-d’œil ; mais il aurait craint de fatiguer fes couleurs,d’en altérer la fraîcheur ou l’éclat, s’il fe fût alfervïà la grande pureté des formes ; & il a facrifié la cor-reflion du delTm aux charmes brillans du coloris.11 fentoit peut-être que, dans les arts > on fait pluspromptement des conquêtes par la féduâion que parla fageffe, ou plutôt il fui vit fon penchant, & l’onne peut le condamner.

Ce n’étoit point fans doute un deflinateur méprt-