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L 'ornement des tissus : recueil historique et pratique / par M. Dupont-Auberville avec des notes explicatives et une introduction générale ; ouvrage édité sous la direction de M. Bachelin-Deflorenne
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L’ORNEMENT DES TISSUS

d’ornements brodés. Le prophète Ezéchiel ne veut pas que ce luxe dépasse leportique des temples ; il reproche aux femmes de son temps de porter des robessurchargées de broderies.

La mère de famille que Salomon idéalise, dans le dernier chapitre de sesProverbes, sous les traits de la femme forte, connaît l’art de broder; elle emploieavec industrie, lisons-nous, « le lin et la laine, tourne elle-même le fuseau et fabrique les« vêtements de ses domestiques. »

Chez les Assyriens, des broderies d’une exquise délicatesse et faites avec desfils d’or du plus grand prix s’étalaient sur les vêtements des personnages dedistinction. Les monuments de Khorsabad en font foi. Le même usage existait enÉgypte, dans l’Inde, en Perse, en Chine, partout enfin où la civilisation s’implantaitet prenait le pas sur la barbarie. On sait que les Babyloniens excellèrent dansl’art de broder. C’est à Babylone que furent fabriquées ces admirables couverturesde lits destinées aux convives dans les repas, qui furent payées, assure-t-on,jusqu’à 800,000 francs de notre monnaie.

Les héroïnes d’Homère : Hélène, Pénélope, Calypso, Circé et tant d’autres,s’occupaient de travaux d’aiguille, elles brodaient. Le poète, dans son livre immortel, lesrenvoie toujours à leurs laines et à leurs fuseaux.

Ce que nous venons de dire suffit pour démontrer que l’art de l’ornementdu tissu fut une des premières inventions humaines. Nous en trouvons des traceschez les peuples les moins avancés en industrie. Chaque nation employait naturellementles matières qui étaient à sa portée. A défaut de la soie dont la Chine se réservalongtemps le monopole, et qui ne fit son apparition en Égypte que deux outrois siècles avant notre ère pour se répandre de là dans tout l’Occident, le coton,le lin, le chanvre, la laine, les fils d’or ou d’argent, grâce à l’habileté de la main-d’œuvre , suffirent pour porter l’art de la broderie à un degré de perfection qui nedevait pas être dépassé. On sait que les tissus fabriqués avec le coton et le lin,chez les Égyptiens et les Babyloniens, ne le cédaient en rien à ceux qu’ils auraient pufaire avec la soie qui, quoi qu’on ait pu dire, leur était totalement inconnue.

Les Hébreux, récemment émigrés de l’Égypte et qui tirèrent de cette contréeleurs étoffes et leurs matières précieuses, n’eurent donc que le lin et le coton; et c’estpar une fausse interprétation du mot hébreu S lies h ( Exod . chap. xxvi), qu’on a avancéque Moïse avait nommé la soie parmi les étoffes somptueuses dont il ordonne l’emploipour les voiles intérieurs du Tabernacle.

Le tissu de soie existait cependant en Chine plus de },ooo ans avant notre ère.Il y avait déjà joo ans que les Chinois utilisaient tant bien que mal la matièreprécieuse qu’ils avaient su trouver, quand une femme, une impératrice du CélesteEmpire, Si-Ling-chi , eut l’idée de prévenir le travail d’éclosion du ver à soie et dedonner par là au fil précieux son brillant et sa continuité native. Le tissu de soiereçut tout son lustre de cette innovation ; aussi la reconnaissance pour l’industrieuseSi-Ling-Chi fut si grande, que les Chinois la mirent au nombre de leursdivinités.

Quelques siècles plus tard, les historiens chinois nous montrent l’Empereur Chunparcourant ses vastes possessions et recevant au pied du mont Taï l’hommage de ses

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