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L 'ornement des tissus : recueil historique et pratique / par M. Dupont-Auberville avec des notes explicatives et une introduction générale ; ouvrage édité sous la direction de M. Bachelin-Deflorenne
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INTRODUCTION GÉNÉRALE

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nombreux vassaux ; ils lui apportent en présent, comme ce qui doit le plus lui plaire,des étoffes de soie, du lin, de la soie écrue et des tissus de diverses couleurs.Le tissage de la soie avait fait, dès cette époque reculée, des progrès considérables ;les plus riches couleurs de la teinture étaient habilement employées soit à peindre, soit àrehausser léclat de tissus que de fines broderies rendaient doublement précieux.

Longtemps après, douze siècles environ avant Jésus-Christ, lors que lEmpire chinoisse fut subdivisé en un grand nombre détats féodaux, nous lisons que toutesles cours feudataires de lEmpire cherchaient à se surpasser par le luxe de leurscostumes et sentouraient des plus habiles artistes dans lart de tisser et de nuancer le« fil divin. » Enfin, nous voyons, près de 900 ans avant lère chrétienne, lEmpereurLi-Wang porter des habits de brocart dor magnifiquement ornés.

Les plus belles étoffes étaient fabriquées sous les yeux de lEmpereur et dansson palais même. Lauteur érudit de lhistoire de la soie , M. Pariset, à qui nous devonsquelques-uns de ces détails, en tire cette conséquence quelles étaient réservées auxgrands de lEmpire; nous aimons mieux croire que le souverain chinois voulait ainsiencourager une industrie dont il pressentait le glorieux avenir.

Comment put-il se faire quun peuple industrieux comme létait celui dÉgyptene profitât pas immédiatement de la précieuse découverte que la Chine avait faite ?Lesprit défiant et essentiellement personnel des Chinois peut, jusquà un certainpoint, expliquer le soin quils durent apporter à cacher au reste du monde leur richeconquête; aussi bien lhistoire du Céleste Empire ne nous montre-t-elle, durant unelongue période, aucune communication avec lextrême Orient et loccident de lAsie.La soie et les soieries, fussent - elles dès lors devenues assez abondantes pourpouvoir être fournies à lexportation, nauraient donc pas trouvé de débouché nide route ouverte au commerce. Sans doute, quelques Juifs, après la dispersion deleur nation, ont pu pénétrer accidentellement jusquà la Chine et se procurer desétoffes de soie ; mais, comme le font observer les savants missionnaires qui ont étudié àfond les mœurs et les usages des Chinois et qui nous ont laissé sur ce pays deprécieux documents, ces étoffes ne furent pas portées bien loin, et, à coup sûr, il ne putsétablir de commerce régulier entre lÉgypte et le Céleste Empire.

Les peuples de lAsie orientale, nous nhésitons pas à le penser, eurent seulsla révélation de lindustrie textile chinoise ; à défaut de preuves écrites, nous entrouvons de suffisantes dans la tradition qui ramène à une origine commune les typesdécoratifs de ces diverses contrées. Nulle part ce respect de la tradition 11e se fit mieuxsentir quen Orient. La pureté de la source a pu saltérer. Les motifs dornementation ontconservé le cachet originel. Nous ne croyons donc pas aller trop loin, quelles que soient,dailleurs, les idées arrêtées à cet égard, en avançant que, jusquà nous, les Orientauxont copié de siècle en siècle les premières inspirations qui leur venaient de la Chine.

Le pays des Pharaons dut se contenter pour la fabrication de ses étoffes desmatières textiles quil tirait de son propre sol. En outre du lin, du coton et de lalaine, les Egyptiens connurent certaines chenilles dont le fil servait à la fabrication duntissu soyeux mais sans consistance ; de peut-être les erreurs qui se sont produites àlégard de notre ver à soie du mûrier.

Avant que le cotonnier ne pénétrât dans les plaines fertiles du Nil et ny fût