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L 'ornement des tissus : recueil historique et pratique / par M. Dupont-Auberville avec des notes explicatives et une introduction générale ; ouvrage édité sous la direction de M. Bachelin-Deflorenne
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L'ORNEMENT DES TISSUS

la teinture de la pourpre. Cétait certainement une innovation romaine, qui dutdonner, sinonplus déclat, au moins plus de solidité à la couleur primitive.

Les propriétés tinctoriales du pastel (Isatis) que nous nommons vulgairementguède (du celtique Gwed), étaient également connues des Anciens. Une belle couleurbleue était obtenue au moyen de cette plante, et nous savons, daprès Pline,que les teinturiers romains excellaient dans lart de la préparer.

Nous citerons seulement pour ordre le Kermès , la Gaude , YOrseille, Y Indigo,le Carthame , qui, en usage dans lInde, depuis un temps immémorial, devaientégalement être connus des Romains. Vitruve nous dit aussi quavec le suc de plusieursfleurs et de plusieurs fruits, ils savaient imiter toutes sortes de couleurs ; mais il aomis de spécifier la nature de ces fruits et de ces fleurs.

Quels que fussent les procédés employés, la teinture dut nécessairement progresseret suivre pas à pas le mouvement qui se produisait dans la fabrication des étoffes et danslart de les orner. On sut profiter de tous les moyens; dhabiles mélanges composèrentles plus riches couleurs. Le Flammeum , cette espèce de voile dont les dames romaines secouvraient la tête quand elles sortaient, revêtait souvent les nuances les plus fantaisistes.On sait quil était couleur de flamme chez les nouvelles mariées.

Ainsi, les brodeurs dune part (Plumarii ou Phrygiones) , les teinturiersde lautre (Tinctores), ne manquèrent pas à lornementation des tissus, à leur fabrication ;aussi pouvons-nous dire avec raison que cette industrie, déjà florissante en Chine,dans les temps les plus reculés; en Egypte, 1500 ans avant Jésus-Christ; en Grèce,cinq ou six siècles plus tard, ne périclita pas à Rome à lépoque des Césars.

Nous navons pas inventé depuis, nous avons seulement retrouvé, en lesperfectionnant peut-être , les moyens employés par nos devanciers ; cest ce quenous essayerons de démontrer dans les chapitres suivants.

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