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ntre la société antique qui meurt avec l’Empire romain et« le monde moderne qui se constitue au moyen âge, il y a« six siècles de laborieuse préparation pendant lesquels toutes« les forces vivantes qui doivent produire une civilisation« nouvelle s’agitent en désordre et comme dans un vaste« chaos. » (Demogeot, Hist. de la Littérature française).
On ne saurait mieux faire saisir la situation que l’Empireromain avait faite à toutes les nations qui, relevant de sonautorité, avaient subi le contre-coup de son abaissement. Lepape Agathon, contemporain de la période mérovingienne,nous a donné le triste tableau de ces temps malheureux : « Nous ne pensons pas, dit-« il, que personne soit remarquable aujourd’hui par beaucoup de science; car depuis« que les nations barbares se sont précipitées sur ce pays, on n’y « voit que troubles,« que violences, que brigandages ; aussi notre vie est pleine de sollicitudes, et il ne nous« reste autre chose que la religion, cette dernière gloire, ce dernier soutien de notre« existence. » (Agathon, Epist. post synodum romanum.)
Cette sombre esquisse d’une époque de transformation ne doit pas cependant êtreprise à la lettre, surtout en ce qui concerne l’objet dont nous nous occupons. Les invasionsdes Barbares, les discordes politiques et religieuses troublaient l’industrie, mais nel’anéantissaient pas. Les beaux arts étaient cultivés non-seulement en Italie, mais aussidans les Gaules, même après l’établissement des Francs; ils parvinrent à se faire jour
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