Buch 
L 'ornement des tissus : recueil historique et pratique / par M. Dupont-Auberville avec des notes explicatives et une introduction générale ; ouvrage édité sous la direction de M. Bachelin-Deflorenne
Entstehung
Seite
24
JPEG-Download
 

24

LORNEMENT DES TISSUS

chez les musulmans consiste à ajouter simplement une bordure à leur schimlah, sortede burnous qui paraît répondre, sans la cape, au pallium des Romains, et, avec lacape, au bardocucullus des Gaulois. On sait que par ce dernier mot on désignaitle manteau à la gauloise, cest-à-dire avec capuchon. (Martial, liv. xiv, épigr. 178.)Cette simplicité du vêtement musulman contrastait singulièrement avec la profusionde dessins et dornements que signalent à lenvi, dans les costumes orientaux, lesauteurs contemporains. Anastase le bibliothécaire et Constantin Porphyrogénète, ennous décrivant lornementation compliquée des tissus employés de leur temps, nemanquent pas de nous donner la nomenclature des animaux qui formaient le fondde ces riches étoffes; ils nous les représentent toujours posés de la même manière :tantôt seuls, tantôt affrontés et placés dans des figures géométriques, cercles oupolygones. Ce sont, la plupart du temps, des aigles éployées naissant ou essorant,des lions léopardés ou rampants, des ours passants ou dressés, des cerfs sommés ou

ramés, etc., etc.

Le principe religieux qui consistait chez les musulmans à regarder comme uneprofanation la reproduction de la nature animée, leur fit souvent rejeter ce genre d'orne-mentation. Lenlacement des feuillages et des fleurs en enroulements capricieux, lareproduction de figures géométriques les plus compliquées et, au milieu de méandresgracieux et de feuilles finement découpées, ces sortes d inscriptions dont nous avonsdéjà parlé : voilà la véritable expression de lart arabe au Moyen Age.

Limités dans leurs moyens dexécution, les artistes byzantins ou musulmans nepouvaient multiplier leurs créations; aussi, sous le rapport du dessin, tournent-ilsinvariablement, les uns et les autres, dans le même cercle, et pourtant les brodeursoccidentaux ne puisent encore quà ces seules sources. Mais le moment approches'inspirant des peintres immortels que nous citerons bientôt, la fabrication italiennepourra enfin voler de ses propres ailes et arriver à ce degré de perfection quilsemblait si difficile datteindre et quil nous paraît impossible de jamais dépasser.

&

1 .4v-xai;

K-ffil

M

N

Ri

J?

SL