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LA RENAISSANCE EN FRANCE.
parfois à la botanique et à l’agriculture, témoignait des aptitudes les plusdiverses 1 . Sous ce rapport, nous sommes prêt à accorder tout ce que l’onvoudra, et notre admiration ne sera pas disputée à un homme qui fait grande-ment honneur au temps où il vécut. Mais il n’en est pas moins utile de constaterque, même dans les publications entreprises par le célèbre Frate, excepté pour-tant celle des lettres de Pline, dont la découverte dans une bibliothèque deParis fut uniquement due au hasard, se manifestent ouvertement les préoccupa-tions de sa vie entière. Qu’il enrichisse d’annotations une édition de Vitruve 2 ,ou qu’il porte son attention sur les Commentaires de César, c’est toujours lepraticien habile qui seul se montre à nos yeux 5 . Si l’art ne lui est pas complè-tement étranger, on peut dire sans crainte qu’il n’a jamais pénétré bien avantdans cette matière délicate qui ne réclame pas seulement de la science, maisencore du sentiment. Son rôle parmi nous doit donc être resserré dans le cadreindiqué plus haut, conformément aux données de la véridique histoire, quine reconnaît point les prétentions injustifiées et ne s’arrête que devant lesdocuments 4 .
Cette digression terminée, revenons au château de Sarcus.
Une chose nous frappe tout d’abord dans les débris qui ont été heureuse-ment préservés de la destruction, c’est l’aspect rugueux de la sculpture,entièrement traitée comme certains feuillages de la fin du xv e siècle. Aulieu de polir ses ornements, d’en atténuer les aspérités et les angles, on diraitque l’artiste s’est appliqué à promener jusque sur les parties les plus délicatesun instrument dentelé, quelque peu analogue à celui connu sous le nom debretture. Soit inspiration personnelle, soit nécessité de satisfaire à des goûtsfastueux, il a également dépassé la mesure dans la décoration des portiquesqu’alourdit une trop grande profusion de détails. Tout cela est riche, il estvrai, mais manque de cette pureté de goût sans laquelle aucune œuvre n’estvéritablement recommandable. Le château de Sarcus appartient à la mêmeécole qui a produit les églises de Maignelay et d’Auxi s ; c’est donc en vainqu’on lui chercherait une origine soit en Italie, soit dans quelque région éloi-gnée de la France. Conçu, pour ainsi dire, sur place, s’il n’a pas été exécuté
1. a Fu Fra Jocondo universale, e si dileccô, oltre le cose dette, de’ semplici e dell’ agricoltura ». Vita, etc.
2. Vitruvius iterùm et Frontinus a Jocundo revisi, etc. Florentiæ, 1513, in-8°.
3. 11 Fu il primo che mise in disegno il ponte fatto da Cesare sopra il fiume Rodano (lisez le Rhin), descritto dalui nei suoi Commentarj e male inteso ai tempi di Fra Jocondo » : Vasari, loc. cit.
4. Cf. Etat des gages des ouvriers italiens employés par Charles VIII, etc., dans le tome I er des Archives de l'artfrançais, ancienne série. « Jehan Jocundus, deviseur de bastimens », est nommé deux fois, pp. 108 et 116.
5. Voir plus haut ce que nous avons dit de l’église d’Auxi, à propos de la Renaissance dans le Pas-de-Calais.