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Tome I.
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ILE-DE-FRANCE.

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directement par Martin Chambiges ou Pierre Danel, il reflète à tel point lamanière de ces deux maîtres, qu’il ne peut être regardé comme leur étantentièrement étranger. Il n’est pas jusqu’à cette cordelière qui pourtourne lesarcades et se noue sur les contreforts, dont la présence ne constitue un argu-ment en faveur de notre opinion, car nous la retrouvons de tous côtés dansles monuments que nous avons cités 1 . A proprement parler, cet ornement, parson étrangeté même, acquiert la valeur d’une signature; s’il n’est pas personnelà un artiste, il désigne un groupe d’hommes évidemment très restreint 2 .

De tous les châteaux appartenant à des particuliers, il n’en est sûre-ment pas de plus célèbre que celui de Chantilly. La beauté de son site,l’abondance de ses eaux, et principalement la grandeur et la majesté de sessouvenirs en font une de ces résidences incomparables que l’on ne peutétudier sans intérêt ni visiter sans émotion. Cependant, soit qu’il s’agisse dece que du Cerceau appelle « le bastiment seigneurial 3 », vaste édifice trian-gulaire assis sur un rocher de peu d’élévation et presque entièrement rasédans les dernières années du xviii 6 siècle 4 5 , soit qu’au contraire les constructionsrangées autour de l’ancienne cour des Offices, et demeurées intactes jusquace jour s , attirent seules l’attention, la pénurie des documents relatifs à l’objetde nos recherches se fait vivement sentir. Certes, grâce aux gravures qui lereprésentent sous différents aspects 6 , il est facile de se faire une idée du grand

1. Aux deux églises indiquées plus haut, nous pourrions ajouter celle de Folleville et même Saint-Riquier.

2. Suivant la mode du temps, il y avait, sous l’appui des fenêtres, une série de médaillons représentant des person-nages plus ou moins historiques. Les auteurs des Voyages pittoresques et romantiques de l'ancienne France ont cru y recon-naître François I tr et ses deux fils aînés, François et Henri, Marguerite de Valois, Bonne de Sarcus, la prétendue maîtressedu roi, le maréchal de Chabannes et François de Sarcus, évêque du Puy. A cette liste, M. Houbigant ajoute Charlesd’Orléans, troisième fils de François I er ; Marguerite de France, duchesse de Savoie, sa fille; sa première femme, Claude deFrance ; sa mère, Louise de Savoie, et Adrien de Brosses, oncle de Jean de Sarcus. Puis, rejetant deux des précédentes iden-tifications, à Bonne de Sarcus il substitue la célèbre duchesse d’Etampes, nièce de Jean de Sarcus, et Jean de Sarcus lui-même au maréchal de Chabannes, son beau-frère.

Ce n’est pas ici le lieu d’entamer une discussion approfondie au sujet de ces divers portraits, dont 1 importance noussemble avoir été singulièrement exagérée. Si tous, en effet, ont été, comme on le dit, exécutés vers 154 0 » nous ne voyonspas pourquoi on a donné à François I er une coiffure que nécessita seulement, durant quelques années, une blessure reçue àRomorandn, en 1521 ; si, au contraire, nous pouvons avec plus de vraisemblance les faire remonter à 1 année 1525 au P^- ustard, il eût été difficile, à cette date, de donner une figure virile aux trois fils du roi, dont l'aîné était âgé de huit ans à peine.

3. Les plus excellents bastiments de France } liv. II..

4. Le grand château, après avoir servi quelque temps de prison, fut adjugé, le 29 messidor an VII (17 juillet 1799),à deux entrepreneurs qui procédèrent immédiatement à sa démolition. Il n’en restait déjà plus que 1 étage inférieur des tourslorsque le Domaine s’en empara en 1805, et cet état a persisté jusqu’aux grands travaux entrepris par Ms r le duc d Aumale,sous la direction de M. Daumet. Nous n’avons pas à apprécier ici cette nouvelle œuvre, qui n a nullement la prétention derappeler l’ancienne et se borne à en reproduire le plan.

5. On a seulement supprimé l’ancienne entrée, devenue inutile depuis que le canal entre les deux châteauxn’existe plus.

6. Du Cerceau (op. cit .) donne : i° Lelevation du bastiment. c’est-à-dire une vue extérieure du chateau, prise ucôté du parc ; 2° une vue intérieure de la cour, qui laisse apercevoir la chapelle à droite, et, dans le fond, un portique àdeux étages, en avant-corps, quelque peu semblable au célèbre péristyle de Fontainebleau.

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