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Tome I.
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ILE-DE-FRANCE.

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moment, et nul doute que bientôt la France n’eût encore une fois à se féliciterde l’injustice de ses gouvernants.

Que l’on ne vienne donc plus demander maintenant ce que Jean Bullant apu faire entre les années 1559 et 1570M Le vide qui existait dans toutes lesbiographies de ce grand homme à cette date est aujourd’hui comblé; un nouveaufleuron s’ajoute à sa couronne, et, du même coup, nous détruisons cette opinionerronée que le connétable n’aurait presque laissé aucune trace de son passageà Chantilly 2 . Après avoir donné, dans l’histoire de l’art, tant d’importance àsa première disgrâce, c’est véritablement trop oublier la seconde, et, d’ailleurs,la présence seule du petit château suffit grandement à prouver le contraire. Demême, il est impossible d’examiner avec quelque attention les différentes par-ties de cette élégante construction sans y reconnaître la main de Jean Bullant.Chantilly procède directement d’Ecouen, ainsi que nous allons le démontrer 3 .

La logique veut que dans tout édifice les étages soient nettement accusésà l’extérieur. De là cette superposition des ordres que les architectes de laRenaissance érigèrent en principe, et dont le seul défaut était de donner àleurs compositions une étrange monotonie. On ne pouvait, en considérantles longues façades principalement, s’empêcher de les comparer à une sorted’échiquier, car toutes les lignes horizontales produites par les entablements setrouvaient régulièrement coupées à angle droit par des pilastres ou descolonnes. Cet état de choses, après avoir duré jusqu’au milieu du xvi e siècle,finit par engendrer une véritable lassitude, et pour chacun il devenait évidentque les esprits étaient à la recherche de quelque combinaison nouvelle dontl’apparition serait accueillie avec une incontestable faveur. C’est alors que JeanBullant, occupé à terminer le château d’Écouen, rompit tout à coup avec latradition en appliquant sur l’un des côtés de sa cour intérieure les quatrecolonnes corinthiennes, imitées du temple de Jupiter Stator, qui comprennentla hauteur entière de l’édifice, et ne tiennent aucun compte des divisions pré-

1. « Ce que Bullant fit en matière de construction, de 1559 à 1570, on ne le voit guère. » Berty, les grandsarchitectes de la Renaissance, p. 153.

2. 11 Le connétable, qui a fait de tour temps peu de chose à Chantilly. » Jean Bullant, architecte du connétablede Montmorency, actes extraits des registres de la mairie d’Ecouen, par M. de Montaiglon, dans les Archives de l'artfrançais, 1" série, documents, t. VI, p. 331. — Quant à l’opinion de Willemin ( Monuments français inédits, etc.), quifait honneur du petit château au grand Condé, elle ne mérite pas d’être réfutée. Il faut que ce critique n’ait jamais ouvertle II e volume des Plus excellents bastiments de France, publié en 1579, quarante-deux ans avant la naissance du grandCondé.

3. A proprement parler, la construction du petit château ne remplit qu’une partie de la lacune signalée plus haut.Commencé dans les premiers mois de 1560, il était terminé avant la mort d’Anne de Montmorency, arrivée en 1567.Aussi, du côté de l’entrée, les écussons figurés dans Tactique étaient-ils écartelés de Montmorency et de Savoie, pourrappeler le mariage du connétable avec une princesse de cette dernière maison.