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Tome I.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

de grandes surfaces en larges tableaux n’a rien en elle-même qui puisse noussurprendre ; c’est l’ornementation généralement adoptée à cette époque, etnous y voyons comme un ressouvenir des anciens contreforts que réunissaientde distance en distance des bandeaux saillants. Mais ici plus qu’ailleurs peut-être on est arrivé à une élégance extraordinaire avec des moyens d’une extrêmesimplicité, et, sous ce rapport surtout, nous ne craignons pas d’offrir auxarchitectes futurs un bon exemple à imiter 1 .

Les dernières constructions qui viennent de fournir les arguments dontnous avions besoin ont encore l’avantage de rappeler, dans leur conceptiongénérale, les parties disparues du château d’Anizy. C’est ainsi que les tourelles,accrochées à mi-hauteur des pavillons de Marchais, du côté de l’entrée, devaientse retrouver à cette place dans l’habitation qui a servi de modèle. Et, de fait,une vieille gravure ne laisse aucun doute à cet égard. La galerie plus bassequi, suivant l’habitude, unit les deux ailes en retour et ferme la cour carrée,était décorée à son centre d’un avant-corps également flanqué de ces pitto-resques appendices 2 .

Ajouterons-nous maintenant que la chapelle renfermée dans le pavillonqui termine l’aile droite s’accuse à l’extérieur par de larges fenêtres entiers point ? En cela l’ordonnateur principal s’est évidemment conformé auxidées du temps, qui limitaient au style du moyen âge le privilège de figurerles sentiments religieux. L’étrange disparate qui en est le résultat n’en paraîtpas moins choquante, et nous avons peine à nous y habituer. Cependant àEcouen, à Chenonceaux, où la chapelle fait également corps avec le châ-teau 3 , on n’a pas agi autrement. Bien plus, dans ces différentes constractionsl’esprit ancien, loin des yeux du profane, reprend presque entièrement sesdroits, jette sur un vaisseau aux proportions élégantes une voûte en croiséesd’ogives 4 , et ne consent qu’avec peine à donner des pilastres classiques poursupport à ses nervures et à ses arcs-doubleaux.

1. Les hautes fenêtres qui se découpent sur les toits sont conçues dans un tout autre esprit. Aussi croyons-nousque l’architecte moderne auquel elles sont dues les a tirées de son propre fonds.

2. Il paraît certain qu’une galerie semblable existait jadis au château de Marchais. Sa destruction remonterait auxdernières années du xvn e siècle, époque où le château subit un complet remaniement.

3. La chapelle de Marchais présente encore ce point de ressemblance avec celle de Chenonceaux, que les troispans coupés de l’abside sont nettement accusés à l’extérieur. A Ecouen, au contraire, le chœur se termine par un mur plat,ce qui indique déjà une tendance à faire rentrer les édifices religieux dans la règle générale.

4. C’est ici-, peut-être, le lieu de citer l’opinion de Philibert de l’Orme au sujet des croisées d’ogives. « Ces façonsde voûtes, dit-il, ont esté trouvées fort belles, et s’en voit de bien exécutées et mises en œuvre en divers lieux de ceroyaume,- et signamment en ceste ville de Paris, comme aussi en plusieurs autres. » Et plus loin : a Ceste façon de voûte,appelée entre les ouvriers la mode Françoise, laquelle véritablement ie ne veux despriser, ains plustost confesser qu’on ya faict et pratiqué de fort bons traicts et difficiles. » Le Premier Livre de Varchitecture , p. 107, r°.