ILE-DE-FRANCE.
ii?
Quant aux vitraux, dont il ne reste plus qu’un important débris 1 ,ils appartiennent à la catégorie de ces curieuses grisailles, d’un caractèretout particulier, que distingue l’emploi du manganèse 2 rehaussé de jauned’argent. L’usage semble en avoir été très restreint, et les seuls spécimensque l’on en puisse citer se voient de nos jours à Marchais, à Gisors 3 4 età Chantilly. Aussi, contrairement à ce qui a été fait jusqu’ici, chercherons-nous dans le nord de la France une origine à ces intéressantes composi-tions. Certes, quoi qu’on ait dit encore récemment*, Bernard Palissy n’ajamais été l’auteur de la célèbre suite de l’Amour et Psyché , pas plus quedes scènes religieuses qui offrent avec elle une frappante analogie. Pourtrouver l’artiste auquel se sont adressés successivement Anne de Montmo-rency, le sire de Longueval et le chapitre de la belle église des Saints-Gervaiset Protais, c’est vers Beauvais qu’il faut tourner les yeux, et non du côtéde la Saintonge. Mais une pareille question, bien que rien n’empêcherait, àun certain point de vue, de l’introduire à cette place, figurera avec plusde raison dans le chapitre où il doit être parlé du château d’Écouen. C’estpourquoi, négligeant pour l’instant une matière sur laquelle nous ne déses-pérons pas d’apporter quelques éclaircissements, tout notre soin se borneraà compléter par de très courts renseignements historiques ce que nousavons déjà dit.
Et d’abord, il est certain que le château de Marchais était entièrementterminé en 1546, puisque des fêtes furent données, cette année-là, dans cettesuperbe résidence, en l’honneur de François I er , qui se rendait en pèlerinageà Notre-Dame-de-Liesse. Seulement, il ne faudrait pas conclure de ce faitque le cardinal de Lorraine 5 6 ait été pour quelque chose dans la constructionqui nous occupe. Les négociations de la paix de Crépy, qui furent si fatalesà Jean de Longueval, n’eurent lieu, nous l’avons vu, qu’en 1544 5 , et le tempsécoulé depuis lors n’a pu évidemment suffire au nouveau favori pour apporterquelque changement à l’œuvre de son prédécesseur. Si l’on veut s’engager surce terrain, il faut attendre la fin du xvif siècle et le passage du château dans la
1. Il figure une Annonciation.
2. Désigné, au xvi c siècle, sous le nom de périgord.
3. Dans une chapelle méridionale de l’église Saint-Gervais et Saint-Protais.
4. Le Château d’Écouerij par M. de Lasteyrie, dans la Gaiette des Beaux-Arts de 1879, n° du i er avril.
5. Charles de Lorraine, archevêque de Reims, succéda à Jean de Longueval dans la possession du chateau deMarchais en même temps que dans la faveur de François I er .
6. M. Lecocq (op . cit., p. 7), nous ne savons sur quel fondement, adopte la date de 1549, ce .qui lui permet defaire recevoir le roi par le constructeur du château.