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Tome I.
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ILE-DE-FRANCE.

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pareille manière de procéder est le meilleur indice que des artistes indigènesont seuls pris part au mouvement, car autrement une violente rupture se fûttrouvée substituée à la lente fusion dont nous suivons les traces. A cet égard doncles découvertes modernes n’ont fait que mettre dans un jour plus éclatant ce quiétait indiqué par le caractère tout particulier de l’architecture. Leur avantagenéanmoins est d’avoir dessillé les yeux des plus obstinés qui, après une lutte de quel-que temps sur l’interprétation des textes, ont bien été à la fin obligés de se rendreà l’évidence. Devant l’ensemble de preuves qui établissaient les droits des maîtresfrançais, il n’y avait pas d’ailleurs à hésiter et la seule conduite à tenir étaitd’abandonner la voie mauvaise dans laquelle on se trouvait étourdiment engagé.

Et puis, s’il est un fait certain, c’est la parfaite incompétence des nouveauxvenus, à l’exception d’un seul 1 , en matière de construction. Doués d’une imagina-tion féconde que servait puissamment une grande habileté de main, ils pouvaienten peu de temps mener à bonne fin la décoration des plus vastes édifices et rienn’est plus naturel que l’éblouissement ainsi causé tout d’abord autour d’eux. Maisen dehors des stucs et des peintures qui portent trop bien une marque d’ori-gine pour être sujets à discussion, nous ne voyons pas raisonnablement ce qui leurappartient. Tous les châteaux qui gardent le souvenir de François I er étaient com-mencés depuis longtemps à cette époque; nous en connaissons les architectes etrien ne nous serait plus facile au besoin que de suivre leur développement journa-lier. Si donc, à défaut de l’idée première, les Italiens se trouvaient en droit derevendiquer l’honneur de certaines modifications importantes, nous le saurions assu-rément. Mais, en réalité, comment les choses se seraient-elles passées de la sorte?Des hommes tels que les Trinqueau, les Gadyer, les Chambiges et les Le Bretonn’avaient rien à apprendre du Rosso ou du Primatice, voire même de Serlio. Bienavant que les noms de ces étoiles de second rang leur fussent seulement connus,ils avaient construit Chambord, Madrid, Saint-Germain-en-Laye, Villers-Cot-terets et Fontainebleau, c’est-à-dire une série de chefs-d’œuvre inimitables, chacunen un genre différent, et démontré ainsi péremptoirement que la prétenduenécessité d’une imitation étrangère ne se faisait nullement sentir 2 .

1. Sébastien Serlio. Encore cet architecte avait-il soixante-six ans lorsqu’il vint en France, ce qui explique le peude traces qu’a laissées son passage parmi nous.

2. Suivant M. Charvet, dans son intéressant travail sur Serlio (Lyon, 1869, p. 17), François I er , en agissant commeil le fit à l’égard des Italiens, montra plus de calcul que de véritable engouement. « Ce prince, dit-il, eut pour fidelesalliés les Vénitiens et lutta constamment avec eux contre Charles-Quint, pour conserver le Milanais et le Piémont, surlesquels il avait des prétentions plus ou moins fondées. On sait que le succès ne couronna pas toujours ses entreprises : cespays furent tour à tour pris et repris. François I er avait donc tout avantage a se concilier les artistes italiens, et ses diplomatesdurent faire leur possible pour entrer dans ses vues. »

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