IA RENAISSANCE EN FRANCE.
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qui, appuyé sur la présence de ce vestibule ouvert, nullement destiné à précéderd’autres appartements, mais occupant presque tout l’espace dont on pouvaitdisposer, ne veut voir dans la maison de Moret qu’un « lieu de stationpassagère, un pied-à-terre où l’on vient goûter parfois quelques instants derepos 1 ». Quant au premier étage, il formait également une grande piècequ’éclairaient, au lieu d’une série de fenêtres groupées sous trois divisions prin-cipales, les baies ouvertes seulement au droit de la clef de chacune des arcadesinférieures. Les meneaux semés de cercles et de figurines n’en existaient pasmoins cependant tels que nous les voyons à cette heure, mais sur les côtésils encadraient des jours aveugles qui, par l’opposition de leur surface pleine,donnaient plus de valeur aux vides du milieu \
C’est d’après ces principes que M. Sadoux, sous notre direction, a restituéenfin au monument qui nous occupe sa physionomie première. Il n’y manqueque la terminaison du toit, car, en l’absence de documents certains, nousn’avons pas même voulu hasarder aucune combinaison raisonnable. Une semblableréserve a fait dans les médaillons supprimer les effigies royales que l’on persistebien à tort à considérer comme authentiques. Toutes appartiennent à la res-tauration moderne et, qui plus est, leur exécution est fort médiocre; ce quin’empêche pas certains critiques non seulement d’en faire honneur à JeanGoujon 3 , mais encore d’échafauder à leur sujet tout un système de proba-bilités historiques. Suivant Lübke, qui, en cela, ne fait que marcher sur les tracesde son compatriote Kolloff 4 , il faudrait dire adieu aux traditions amoureuses quel’on s’était efforcé, du reste, sans fondement de faire prévaloir. François I er n’auraitpas construit cette délicieuse retraite pour sa maîtresse, car le portrait placéau centre de la frise, entre les deux écussons de France et de Navarre, indiquesuffisamment que la célèbre Marguerite de Valois en fut le premier possesseur 5 .
Parler ainsi, c’est vraiment trop préjuger de la bonhomie de ses lecteurs,
1. Op. cit. } p. 228.
2. M. Bosc, dans sa restitution (op. cit. ; pl. xxxvi), n’a pas tenu compte de ce fait absolument certain. Outre l’auto-rité de Willemin, qui dit pertinemment : « On a ouvert une galerie vitrée sur toute l’étendue du premier étage, tandis que,dans le plan primitif, il n’existait que trois petites baies dans ce même espace a, nous pourrions invoquer celle de Blancheton,qui a dessiné la maison de Moret avant sa translation à Paris. Voir à ce sujet le titre de son grand ouvrage intitulé : Vuesdes principaux châteaux de France } etc. Paris, 1826, in-fol.
3. « La façade principale est décorée de trophées et de sept médaillons qui représentent Louis XII, Anne de Bre-tagne, François II, Marguerite de Navarre, Henri II, Diane de Poitiers et François I er . La sculpture de ces médaillons estattribuée à Jean Goujon. 1 Bosc, op. cit., p. 240.
4. « Eine Vermuthung E. Kolloff’s, der ich beitrete, » p. 165.
5. « Das mittlere Feld entha.lt, umgeben von den Wappen Frankreichs und Navarra’s, die von vorn genommene Busteder Margarethe von Navarra, woraus man wohl schliessen darf, Franz I habe nicht einer Maîtresse, sondern seiner gelieb-ten Schwester das graziôse Haus erbauen lassen, » p. 165.