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Tome I.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

à cette immense besogne \ Aussi n’a-t-on pas raison de dire que Nicolas dell’-Abbate a seul droit aux éloges dont les contemporains se sont montrés pro-digues eu cette occasion \ Son arrivée en France n’eut lieu que dans les der-niers mois de l’année 15 5 2 1 2 3 4 5 6 et tout le monde sait qu’il fut d’abord occupé àpeindre la galerie dite de Henri IL Durant ce temps il est probable que, dansla partie du château qui nous occupe, les travaux se trouvaient comme suspen-dus, car il n’en est pas question avant l’avènement de François II. C’est alorsseulement que Nicolas dell’Abbate entreprend les grandes compositions quidevaient assurer sa gloire, en complétant l’œuvre de ses devanciers. Toutes étaientterminées en 1561, ainsi que nous pouvons le voir dans les Comptes*, ce quin’empêche pas son nom de reparaître dix ans plus tard, à propos « d’un grandtableau figurant la prinse du Havre de Grâce » c’est-à-dire l’une des rares scènesd’histoire contemporaine échappées au pinceau des artistes du xvi e siècle s . Maisla mort le saisit l’année même où fut exécutée cette dernière fresqueet depuislors il n’est plus parlé de la galerie d’Ulysse, sauf à de longs intervalles,lorsqu’il s’agit de quelques réparations.

Tandis que, parallèlement au jardin des Pins, François I er pouvait à saguise étendre le château, à l’opposé de la cour du Cheval-Blanc, il se trouvaitarrêté, dans l’accomplissement de ses projets, par le couvent des Mathurins qui seprévalait d’une possession plusieurs fois séculaire pour résister aux volontésde son royal voisin. Néanmoins les religieux finirent par adhérer aux proposi-tions qui leur étaient faites, et, dès le mois de décembre 1529, ils abandonnèrentla place aux architectes qui n’attendaient que ce moment-là pour redoublerd’activité dans les travaux. Rien n’empêcherait donc de supposer que les deuxcorps de bâtiment à simple rez-de-chaussée, avec lucarnes et pavillons, disposésen équerre du côté de la ville, aient été aussi rapidement achevés que lereste, si le document déjà cité ne fournissait une pleine certitude sur ce

1. Les boiseries étaient de la main de Francisque Seibecq, dit de Carpy, menuisier italien ( Comptes, etc., t. I er ,p. 187). Quant aux peintures, elles semblent avoir été exécutées sous la direction d’Anthoine Fantoze ou de Fanton ( Id.,p. 132 et 191), « dit de Boullongne, paintre », payé « à raison de 20 liv. par mois » pour fournir « patrons et pourtraitsaux autres paintres besongnans aux ouvrages de paintures de la grande gallerie estant en la grande basse court duditchasteau ».

2. Les Comptes sont très explicites sur ce point. « Et sera tenu d’achever le bout de ladite gallerie de touteshistoires, figures et grotesques qui luy seront ordonnées par ledit abbé de Saint-Martin. » LaRenaissance des Arts, p. 478.

3. Il faut lire dans la Renaissance des Arts tout le chapitre intitulé : les dell’Abbate de Mod'ene. M. de Labordey donne de très intéressants détails sur la famille de Nicolas, la date de sa venue en France (p. 782) et la nombreusedescendance d’artistes qu’il a laissée parmi nous.

4. La Renaissance des Arts, p. 498.

5. Id., p. 530. Le Havre, livré par les protestants aux Anglais en 1562, avait été repris par les troupes de Charles IXen 1564.

6. C’est-à-dire en 1571. — Cf. Frédéric Reiset, Op. cit., p. 19.