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Tome I.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

plain-pied dans la galerie d’Ulysse'. Aussi lisons-nous dans les Comptes sous ladate de 1534 : ce Audit le Breton 1 2 3 la somme de 3,368 liv. 14 s. 7 d. pour sonpayement de tous les ouvrages de maçonnerie et taille qu’il a faits, pour le Roy, enl’édiffice de six cuisines et gardemangers de bouche, édiffiés de neuf en forme deterrasse , en la basse court de devant le chasteau, audit lieu de Fontainebleau, àl’opposite de l’estang, contre et joignant le pan de mur de la grande gallerie paroù l’on va dudit chasteau en l’abbaye; aussy pour les coullonnes, sommiers, bandeset corbeaux de pierre de taille de grès des six cheminées desdites six cuisines etgardemangers, avec les corniches et arquitraves faittes aux gardefols et appuys deladite terrasse . 3 »

Ces travaux, toutefois, ne pouvaient longtemps satisfaire François I er quirêvait d’harmoniser les différentes parties d’une construction devenue la principalefaçade de son château. Il est vrai que la chose présentait de sérieuses difficultés;car, si rien n’empêchait de transformer l’ancienne église des Mathurins, il n’étaitpas permis de la supprimer complètement 4 5 . Il fallait donc se résoudre à avoir, enpendant à une terrasse dont l’élévation ne dépassait pas celle d’un premier étage, unelongue et haute nef, au caractère plus ou moins religieux. C’est alors que pourrompre les lignes des deux côtés, en même temps que l’on jetait les bases de lanouvelle chapelle de la Trinité, furent édifiés les grands pavillons qui seuls ontconservé presque intacte leur décoration primitive s . Sur ce point, d’ailleurs, nouspossédons un document important qui ne semble pas avoir été suffisamment uti-lisé jusqu’ici, faute peut-être d’en comprendre le sens véritable. Le voici tel qu’ila été publié pour la première fois, il y a déjà trente années : « A Gilles le Breton,maistre maçon, la somme de 42,234 liv. 16 s. 11 d. à luy ordonnée par messieursNicolas de Neufville, chevalier, seigneur de Villeroy, et Philbert Babou, aussy

1. Suivant toute probabilité, le côté méridional de la cour du Cheval-Blanc devait être primitivement semblable àcelui du nord; mais, en 1529, lorsque François I er ne fut plus retenu dans ses projets de développement, il donna ordred'élever d’un étage cette partie de la construction, de préparer ainsi le terrain à une nouvelle galerie, qui prit plus tard lenom d’Ulysse. C’est là, croyons-nous,la raison d’être de tous les contreforts qui se voient dans la gravure de Du Cerceau.Si le corps de bâtiment eût été conçu d’un seul jet, l’utilité de pareilles précautions ne se fût jamais fait sentir, grâce à laplus grande épaisseur donnée alors aux murs inférieurs. En outre, il devenait nécessaire d’établir une communication facileentre la nouvelle galerie et celle de François I er , ce qui ne pouvait s’obtenir que par la substitution d’une terrasse au « gal-tas s projeté tout d’abord.

2. Gilles le Breton, le principal architecte de Fontainebleau. Son nom désormais figurera souvent dans notre récit.

3. Comptes des bâtiments du Roi } t. I", p. 58. La somme indiquée représente en valeur actuelle environ 71,000 fr.Ailleurs nous lisons dans les comptes de charpenterie (Op. cit. ; p. 78) : «Audit Josse Maillard, la somme de 818 livres,pour les ceintres et autres ouvrages de charpenterie qu’il a faits pour le Roy ès voultes et arceaux de maçonnerie faits deneuf et six cuisines et six gardemangers de bouche et allées d’icelles aussy faittes et édifKées de neuf pour le Roy contre lagrande gallerie de son chasteau audit Fontainebleau du costé et à l’opposite de l’estang dudit lieu. »

4.. Les idées du temps s’opposaient à cette destruction.

5. Notre remarque ne s’applique qu’à trois pavillons sur cinq, car celui du centre ne date que de Charles IX, et, ducôté de l’étang, tout a été reconstruit au milieu du xviii c siècle.