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Tome II.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

un certain point, aucune objection n’était soulevée relativement à l’extérieurdes temples, à l’intérieur, au contraire, on entendait le plus possible conserverles formes pratiquées depuis trois siècles. De là cette sorte de compromis dontnous retrouvons la première trace à Luzarches. Tandis que le moyen âge dominedans le tracé des arcs, aussi bien aux fenêtres qu’à la séparation des nefs, queles voûtes se distinguent à peine de celles précédemment en usage, le nouveaustyle envahit l’ornementation proprement dite, qui revêt, grâce à lui, un carac-tère tout particulier. C’est ainsi, par exemple, qu’au lieu des élégantes cor-beilles de feuillages où s’étalaient en général les produits d’une végétation locale,nous voyons se répéter à l’infini le sévère chapiteau dorique. Et comme ce der-nier sans doute eût paru trop maigre, que difficilement son abaque se fût prêtéà recevoir un faisceau de nervures, on a imaginé d’interposer entre lui et laretombée des voûtes un entablement complet. Rien n’y manque, pas même lestriglyphes qui se reproduisent sur les quatre faces de ce dé colossal.

Que semblable création soit réellement belle, nous ne saurions le dire; elleoffre l’inconvénient de tout membre d’architecture qui est distrait de son rôle.Chaque fois, en effet, qu’une colonne se trouve placée sous un arc quelconque,il n’y a pas de raison pour la charger d’ornements et de moulures que requiertuniquement la plate-bande. Sans doute Bullant aurait pu, pour sa justification,invoquer l’exemple de l’Italie, qui, en bien des cas, a ainsi abusé des admirablesressources léguées par la classique antiquité 1 ; mais, en chaque pays, il ne fautprendre que ce qui est véritablement digne des honneurs de la reproduction.Du reste, nous n’aurions pas aussi longtemps appuyé sur ce détail, s’il ne ser-vait à caractériser toute une série d’édifices religieux dans la région dont Écouenest le centre. Il importe de déterminer clairement quelle est l’origine d’unmotif architectonique, évidemment cher à celui qui, chez nous, l’a multiplié dansles limites de son pouvoir.

Maintenant notre attribution à Jean Bullant des premières travées del’église de Luzarches ne souffre-t-elle aucune difficulté ? Évidemment non, si lafaçade, comme nous croyons l’avoir établi, se trouve être de sa main. L’une etl’autre partie ont été élevées en même temps et il n’est pas probable que, sansutilité, on ait fait appel à deux architectes différents. Puis, à la date indiquée,vers 1555 environ, l’emploi de purs chapiteaux doriques avec leur accompagne-ment obligé de triglyphes est presque équivalent à une signature. Il ne nousreste donc à choisir qu’entre un très petit nombre de maîtres et, dans le cas

1. Notamment au cortile de Saint-Ambroise, a Milan.