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Tome III.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

l’art de maçonnerie et d’architecture. » C’est un « tailleur d’ymaiges » qu’ilnous faut et Bastien François n’a aucun droit à ce titre.

En résumé, Colombe a eu quatre collaborateurs qui l’ont diversement secondé.Tandis que Jérôme de Fiesole et un autre Italien se chargeaient de couvrird’arabesques pilastres et encadrements, un Français, dont le nom est encore àtrouver 1 , sculptait les trente-deux statuettes disposées sur deux rangs, au pour-tour du monument 2 . Quant à Guillaume Régnault, sa part est plus difficile àdéterminer. Quelle extension, en effet, devons-nous donner au passage où il estdit qu’il avait l’habitude de « réduire en grand volume » les compositions dumaître ? Bien que déjà vieux, Colombe n’a pas dû se désintéresser de l’exécutiondes figures principales ; il a certainement fait plus que de fournir des modèles.Son ciseau, tout au moins, s’est promené sur les admirables statues du duc et de laduchesse., sur celles des deux vertus qui ont nom la Force et la Prudence , ainsi quesur une tête d’ange d’une beauté absolument céleste. C’est lui qui a donné auxtraits des différents personnages cette noble sérénité dont on chercherait vaine-ment un autre exemple à la même époque. Du reste, comme tout le monumenta été exécuté sous ses yeux, il est probable que sa surveillance a dû s’exercerjusque sur les moindres détails. C’est donc bien son œuvre que nous possédonset l’on ne peut s’empêcher, en l’examinant, de constater l’immense progrèsimprimé, en quelques années, à la sculpture par un homme de génie. L’art estdevenu ce qu’il doit être, c’est-à-dire une savante interprétation de la nature. Dela vie partout, mais sans exagération, un caractère propre à chaque figure, autantde finesse que de puissance, beaucoup d’abandon et de liberté. Et que dirons-nousdes draperies jetées avec un goût sévère, une sobriété magistrale ? Plus de cestuyaux multipliés, si chers aux âges précédents, mais de grands plis énergiques etétoffés.

Le tombeau de François II, on le voit, ne craint pas la comparaison avec lesœuvres les plus remarquables exécutées en Italie à la même époque. Nous pour-rions ajouter qu’il leur est de beaucoup supérieur comme conception générale,bien que les statues placées aux angles ne se relient pas suffisamment à l’ensemble.Mais Colombe ne saurait être l’objet d’un reproche à cet égard, puisqu’il n’a faitque se conformer aux données d’un modèle arrêté d’avance. Du reste, il paraît

1. Peut-être Jean de Chartres que Michel Colombe lui-même, dans un document relatif aux tombeaux de Brou,qualifie de son « disciple et serviteur «. Documents pour servir à l’histoire des arts en Touraine; 1870, p. 197.

2. Nous avons déjà dit que les statuettes de la zone inférieure représentaient des chevaliers en costume de deuil;à la partie supérieure, au contraire, nous voyons d’abord, sur les côtés, les douze Apôtres, puis, aux extrémités, Charlemagneet saint Louis, saint François d’Assise et sainte Marguerite.