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Tome III.
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LE MAINE.

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Nous croyons inutile d’appuyer davantage sur une opinion qui, pour avoirété acceptée par quelques critiques 1 , n’en demeure pas moins dans le domainede la fantaisie. Du reste, il en est de même à peu près de celle qui assigne auxsculptures de Solesmes une origine lorraine. L’argument tiré de la rencontre,des deux parts, de tout ce qu’on peut appeler le bagage courant dé la Renais-sance, n’a aucune valeur 2 , et pour fixer tant soit peu l’attention il faudrait avoirà signaler quelques-unes de ces particularités si caractéristiques dont la présence,en bien des cas, nous a été d’un grand secours. Quant à supposer que les troisfrères Richier (Claude, Ligier et Jean) auraient été qualifiés d’Italiens après levoyage de deux d’entre eux au delà des Alpes, ce qui expliquerait la légendeindiquée en commençant, il y faut d’autant moins penser que le fait sur lequel ons’appuie pour arriver à une semblable conclusion est encore à prouver. En défi-nitive, dans le sépulcre de Saint-Mihiel, rien ne rappelle les sculptures de Solesmes.Tandis que sur les bords de la Meuse le réalisme est à l’ordre du jour, quedans l’arrangement des groupes on s’affranchit aisément des traditions reçues, surceux de la Sarthe, au contraire, on cherche avant tout à faire prédominer l’idée,et rien ne s’exécute en dehors d’un certain programme depuis longtemps tracé.Assurément nous ne prétendons pas faire pencher la balance d’un côté ou del’autre et amoindrir Saint-Mihiel au profit de Solesmes ou réciproquement. LeMaine et la Lorraine possèdent chacun un chef-d’œuvre qu’il faut admirer isolé-ment sans établir de rapprochements inutiles, ni de comparaisons qui ne reposentsur aucun fondement, car le beau peut se manifester sous différentes formes,et rien n’empêche que deux grandes compositions, sans rapport entre elles, nefigurent également au premier rang 3 .

Après avoir démoli il s’agit de reconstruire, et cette tâche, dans la cir-constance, n’est pas sans offrir quelque difficulté. Toutefois, un point semble

Histoire de Tournai, t. III, p. 166, a été faict depuis 1566 par un maistre qu’on appelait Cornil Floris d’Anvers, frère durenommé peintre Frans Floris, qui ont été à bon droit réputés les meilleurs et les plus excellents, l’un statuaire et l’autrepeintre, de tous ceux de leur temps. »

1. Dom Piolin, Revue de l’art chrétien 1878. — Génard, Biographie nationale, t. VII, p. 131.

2. « Les consoles, perles, oves des corniches se retrouvent à Verdun; les vases, oiseaux, animaux, génies, arabesques,figurines d’anges ornent à profusion nos retables de Saint-Mihiel; les caissons, pendentifs, édicules, vous les admirez cheznous. 1, Les Richier et leurs œuvres } par l’abbé Souhaut, 1883, p. 170.

3. M. Cartier, dans deux articles publiés en 1884 ( Revue du monde catholique } n os du 15 août et du i er septembie),s’est montré fort injuste envers le sépulcre de Saint-Mihiel que, du reste, il n’a jamais vu. Naturellement il défend à nouveauson attribution des sculptures de Solesmes à des artistes flamands et, chemin faisant, déclare que « ses explicationsn’avaient pas encore rencontré de contradicteurs ». Cela prouve que M. Cartier n’est guère au courant de tout ce qui sepublie. Ses idées ont été combattues non seulement en France, presque aussitôt leur apparition ( Congres archéologique deFrance, session tenue au Mans et à Laval en mai 1878, p. 326; — Guide illustré des touristes au Mans et dans laSarthe, par M. R. Charles, 1880, p. 186; — Bulletin monumental , 1881, p. 664-66), mais encore en Belgique (Messagerdes sciences historiques , 1882).

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