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Tome III.
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LE POITOU.

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des constructions commencées depuis un demi-siècle 1 . Nous ne voyons donc pasquel motif on pourrait mettre en avant pour chercher à enlever au seul archi-tecte connu dans la contrée la paternité d’une œuvre si en rapport avec samanière de faire habituelle.

II

Le Poitou possédait autrefois un assez grand nombre de tombeaux remar-quables; mais, la Révolution aidant, la plupart des églises ont perdu ce qui fai-sait leur principal ornement. Il ne reste plus rien, pour nous restreindre auxvi e siècle, des trois monuments élevés par Martin Cloistre 2 3 , le célèbre sculpteurgrenoblois h dans la chapelle de Thouars; de même à la Châtaigneraie 4 5 , l’urneet le bas-relief destinés à rappeler le souvenir d’André de Vivonne, l’un desplus intelligents seigneurs de la Renaissance ont disparu. Le sculpteur, un Orléa-nais nommé Raoul de l’Aulbier, nous le savons par une quittance 6 , avait figuréle défunt « en prières de genoil, en avant de monsieur sainct André, son pa-tron » ; et ce mode de représentation, inspiré de la peinture, tendit promptementà se répandre, car nous le retrouvons, à Poitiers, dans le monument consacré

1. La première pierre, suivant une inscription, fut posée le 26 mai 1491.

2. Appelé aussi Martin Claustre dans certains documents. M. Edmond Maignien,qui récemment a publié un ouvrageintitulé : les Artistes grenoblois (1887, p. 98), adopte la seconde orthographe.

3. M. Maignien ne semble pas se douter que Martin Cloistre ait travaillé pour la chapelle de Thouars. CependantM. Marchegay d’abord ( Revue des Sociétés savantes ; 2 “ série, t. I er , p. 674), puis M. le duc de la Trémoïlle ( Charnier deThouars, 1877, p. 34 et 35) ont publié le marché passé avec le sculpteur à cet effet, le 6 décembre 1519. Voir plus haut(t. II, p. 30) ce que nous avons dit de Martin Cloistre, à propos du tombeau de Guillaume de Montmorency, père duconnétable.

4. Entre Bressuire et Fontenay-le-Comte.

5. André de Vivonne figure parmi les protecteurs deTiraqueau, dont il était, du reste, le parrain.

6. « Honorable homme Raoul de l’Aulbier, maistre sculpteurk Orléans, confesse, par ces présentes, avoir euetreceude haulte et puyssante dame Jehanne de Vyvone, demeurant en ceste ville de Paris, en la cyté, la somme de soixante,cinq escuz, pour la parfin du prix et coult d’un tableau de marbre blanc, ouquel est feu haultet puyssant André de Vyvone,père d’ycelle dame, en prières de genoil, en avant de monsieur sainct André, son patron, et la boëste au cœur du dict sei-gneur, icelle de marbre noir, qui seront en la chappelle que le dict feu a ordonné estre en sa maison de la Chastaigneraye ;de laquelle somme ledict Raoul se contente et se tient pour bien et deuement payé, Faict et passé à Paris, l’an mil V ecinquante et six, le dixiesme jour d’apvril. Raoul de l’Aulbier. » ( Poitou et Vendée ^ art. La Châtaigneraie, p. 3.)