L’ANGOUMOIS.
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à liernes et tiercerons excite l’admiration par ses gigantesques pendentifs 1 . Enfin,sans parler d’une chapelle à Saint-Palais-du-Né, sur les confins de la Saintonge, quis’explique par le peu d’éloignement de Lonzac, la célèbre fondation de Galliot deGenouillac, nous trouvons, au sud, trois églises groupées autour du château descomtes de Périgord, à Chalais. Elles se nomment Bonnes, Yviers et Montboyer,présentent non seulement toutes le même caractère, mais bornent respecti-vement l’emploi du nouveau style à la même partie de l’édifice, c’est-à-dire auportail 2 .
On le voit, la liste des monuments religieux qui, par un point quelconque,rentrent dans le cadre de nos études n’est pas longue à dresser. Rien qu a la ma-nière dont nous avons parlé de chacun d’eux, il est facile en outre de s’apercevoirque les œuvres remarquables sont d’une extrême rareté. On ne peut guère citercomme méritant une sérieuse attention que les restes de la chapelle élevée parJacques de Saint-Gelais à la mémoire de son frère Octavien, évêque d’Angoulême 3 .Ses dimensions, qui atteignaient ç m ,jo sur 7 mètres, en faisaient presque unepetite église. On y pénétrait de la cathédrale par une porte basse, ouverte,croyons-nous, dans l’abside qui s’arrondit à l’orient du transept méridional. Laforme adoptée était celle d’un parallélogramme, et l’effet de richesse que pro-duit d’ordinaire la multiplicité des lignes nécessitées par une certaine complica-tion de plan avait été demandé, sur une partie de la hauteur, à la décorationdes murailles. Ces dernières, au lieu d’ornements disposés suivant une règleplus ou moins harmonieuse, présentaient un bas-relief ininterrompu où, dansleur nudité charmante, des enfants, occupés à toute sorte d’exercices 4 , ani-maient un fond d’enroulements et de cornes d’abondance, semé çà et là d’écus-sons et de cartouchesMême en arrière de l’autel, on avait remplacé de cettefaçon le retable habituel, et des signes religieux n’apparaissaient que dans unfronton semi-circulaire, à la partie supérieure. Ils consistaient en la représenta-tion de la Sainte-Trinité 6 , qu’accostaient, à droite et à gauche, deux médaillons
1. Ils sont au nombre de cinq ; l’un d’eux, le plus remarquable, porte un écu de femme. Nous le donnons plus loin.
2. Les initiales R.I. qui se voient sur le portail de Bonnes ne peuvent être interprétées comme celles de l’architecte.Il faut voir là un hommage, soit au seigneur du lieu, soit à un insigne bienfaiteur.
3. De 1494 à 1502. C’est l’auteur bien connu de poèmes dans le goût quintessencié du temps, parmi lesquels deuxsurtout, le Séjour d'honneur et le Fergier d'honneur } ont eu plusieurs éditions.
4. Le plus joli groupe se compose de quatre enfants jouant à la main chaude. On diraic une imitation de l’antique.
5. Les écussons, au nombre de six, portaient tous invariablement : écartelé au i or et 4 e d , a\ur ; à la croix pleined’argent } au 2 e et 3 0 d'argent } au lion de gueules. Parmi les inscriptions, nous relevons la suivante, qui donne le nom dela chapelle :
HAEC SACRA NOMEN HABET VVLGARE CAPELLA SALVT1S,
ANGELICVM ALMA PARENS QV AN DO RECEPIT AVE.
6. Suivant une habitude assez peu commune, les trois personnes divines sont représentées sous la figure humaine.