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Pensées sur la tactique et la stratégique ou vrais principes de la science militaire / par de Silva
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quant au fond , que des idées peu claires, & une routine peuméditée.

Les connaissances les plus simples seront toujours incertaines& stériles , faute de connaître les vraies loix, auxquelles lesmanœuvres font soumises, & desquelles une théorie savante &une expérience réfléchie tirent les inductions les plus sûres , &les vues les plus étendues. II est doue sensible , que ceux aux-quels le commandement des troupes est confié , doivent, silsne veulent agir au hazard, substituer ces loix lumineuses & pré-cises aux faibles tâtonnemens dune pratique chancelante, à la-quelle même beaucoup dofficiers ne parviennent jamais, quoi-qu'ils ayent blanchi fous les armes, * parce quelle dépend dunenchaînement d'occasions, dont il n y a qu' un petit nombrequi puisse profiter. Et puis ces praticiens fans principes, qui neconnaissent que ce qu' ils ont vu , & cela encore assez mal,comment se tireront-ils d'affaire dans ce qu'ils nont jamais?La pratique est fans contredit nécessaire j mais abandonnée à ellemême, fa sphère est bien étroite. Si elle veut en franchir lesbornes, comme elle marche fans guide, elle s'égare à chaquepas, & sûrement elle ne produit jamais rien de bon, du moinsrien de parfait.

Les hommes naturellement routiniers réfléchissent rarementfur leurs habitudes. Pourquoi la Tactique trouve-t-elle tant dob-stacles à se perfectionner ? C' est que la plus part des militairescherchent les faits, & très-peu cherchent les principes. Ceux-cine règnent donc jamais, & il ny a que les erreurs & les abusqui s enracinent.

*Un mulet qui aurait fait dix eampagnes fous ie Prince Eugène,,, dit le Roi de Prusse -, n en serait pas meilleur Tacticien, & il faut avouer, à la Bonté de l'humanité,", que fur F article de cette paref- fëufe stupidité, Beaucoup de vieux,, officiers ne valent pas mieux que,, ce mulet. Suivre la routine du ser- vice, s occuper de sa pâture & de,, son couvert, manger quand on man-

ge, se battre quand tout le mon-,, de se bat, voilà ce qui pour le grand nombre sappelle avoir fait campagne 8c être_ blanchi four le harnòis. De la vient ce nombre,, de militaires rouiller dans la- diocrité, Sc qui ne connaissent, ni ne s embarrassent de connaître,, les causes de leurs triomphes ou de leurs défaites. Cependant ces causes font très-réelles.

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