ET STRATEGIQUE. 11
onéreux à l'Etat ? Choisissez soigneusement P espèce dont vousformez & recrutez les corps. Je me répète , mais dans les cho-ses utiles il faut se répéter sans cesse pour sé faire entendre »Dans les frivoles on vous entend à demi mot.
II ne faut enrôler que des hommes sains & robustes. Ondoit moins s’ attacher à. la taille, qu’ à la bonne conformation.La taille cependant doit être prescrite par P ordonnance relative-ment aux différentes espèces de troupes , mais d une maniérétoujours analogue aux moyens de la levée., v
11 n’ y a point de meilleurs soldats, que ceux qu on levedans les campagnes;, par ce qu 1 ils font endurcis a la fatigue,,habitués à remuer la terre r & faits a une- nourriture groíîìere,& aux rigueurs des saisons. Mais P espèce la plus propre à four-nir de bons soldats, & la vraie pépinière des troupes, la classedes cultivateurs, est. en même tems eelle qui veut etre ménagéele plus,. & dont il faut se servir avec circonspection , puiíquec’ est de leur travail que depend la vie des citoyens, & l opu-lence de P Etat. Le nombre des recrues destinées aux Régi-mens d? ordonnance qu 1 on prend parmi les laboureurs , doitêtre par conséquent proportionné à P étendue du pays, Lc cal-culé avec sagesse sur la population des campagnes, & leurs dif-férentes espeees de culture. Cela n? empêchera pas, que tout la-boureur ne devienne promptement soldat en tems de guerre,dans le besoin ; pourvu que la constitution soit telle que je 1 in-diquerai ailleurs , & que ceux qui gouvernent sachent voir &combiner les dissérens objets d ? utilité publique..
Après les laboureurs, les hommes les plus propres dans les
campagnes au métier de soldat sont ceux qui en exercent dedu rs & pénibles, tels que les chasseurs , les forgerons, les.bu-terons, &c., & dans les villes ce font tous les gens adonnés.ades profefíìons qui exigent de la force r de P adresse, & ce travail continuel qui préserve de la mollesse & du libertinage.
Un des vices remarquables de plusieurs constitutions mili-taires c’ est d’avoir des corps entierement formés d individus:,
* 3e dis destinées auxRégimd' ordonnance, car pour cellesrestent dans les corps provinciatv
n* y a nul inconvénient, puisqu’el-les ne foùt aucun vuide dans i’ag r1 'culture.
B r.