3 .«5 TA C T I QUE
L’ ancienne Ta&ique en avait mieux connu T importance, & iln’y a qu* à examiner avec un peu de soin les sariffes de laPhalange , & les armes de la Légion, pour s’en convaincre.
Si nous voulons auíîi donner à nos troupes cette force d’im-pulsion, qui ess le plus grand avantage d’un ordre & d’un arme-ment bien combinés, nous devons réunir dans nos armes toutes lespropriétés nécessaires pour produire un effet íì décisif. Nos fusilsarmés de bayonnettes toutes égales en font absolument incapables.
ceffairement m 3 accorder de deux cho-ses T une. Oa il y avait gradationdans les sariffes de la Phalange, 8cdès-lors tout ce qu 5 on nous dit dela violence de son choc est aisé àcomprendre ; ou il n’ y en avait point,& c était-là uíi de ses défauts essen-tiels, car elle fe privait par T égali-té des sariffes du plus grand avan-tage qu’ elle put se procurer fur laLégion. Quoique celle-ci n’ eût pasdes armes comparables pour la lon-gueur à' celles de la phalange, il nedevait pas en ce cas lui être si dif-ficile de soutenir son choc , puisquele contact: physique ne pouvait ja-mais être, qu’ avec un seul rang dela Phalange à la fois. S’il avait étéavec trois rangs , ou même avec deuxfeulement , il faut avouer que ce choceût été irrésistible, & que la Légionn’ aurait jamais pu attaquer dé frontla Phalange , tant que celle-ci auraitconservé son ordre.
A F égard puis de la Légion onobjectera peut être encore, & même,je T avoue, avec plus de raison, queles hastaires dr les princes n étantarmés que de pilons 8c d’épées , 8cfeulement les triaixes de piques, iln’ y avait aucune espèce de gradation,qui augmentât la force impulsive,car, le pilum aussitôt lancé, ils met-taient 1 epee a la main, & fonçaientfur 1 ennemi. A d pila , & spath as
ventum ejì. Mais je répondrai, queces mots peuvent fe rapporter auxpilons qu’ on ne lançait point com-me à ceux qu’ on lançait, car il n’ya qu’ à lire les' anciens avec atten-tion pour voir que les hastaires &les princes en avaient de deux espè-ces. L’un très-léger & semblable aujavelot des vélites, qu’ils jettaientà une certaine distance, & 1’ autrebeaucoup plus pesant & plus long,qui était proprement une demi-pique,8c qu’ ils ne jettaient, pour ainsi di-re , qu’ à bout touchant. II est doncsensible, qu’il n’y avait que le pre-mier rang qui pût à une si petitedistance lancer une anne d’une tel-le longueur, 8c que cela était très-difficile pour le second, & impossi-ble pour lé troisième. Ces deux rangsne pouvaient donc mieux faire , quede baisser leurs pilons pour protégerle premier qui combattait 1 epee a lamain, 8c dès lors il est clair qu’ ils’ établissait une certaine gradationdans les armes, qui augmentait laforce impulsive.
Que la nécessité de fe procurercet avantage ait été reconnue par lesRomains, plusieurs de leurs actions,où ils ont fait des changemens rela-tifs à cet objet, le prouvent évidem-ment. Je n’ en veux cependant d’au-tre exemple, que la bataille d’Addanarrée, par Polybe, qui dit que pour.