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Pensées sur la tactique et la stratégique ou vrais principes de la science militaire / par de Silva
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S6 TACTIQUE

ventent, cette multiplicité de canon, qui à la vérité a passé unpeu les bornes, doivent à leur tour produire un amincissementplus grand encore, de forte que , 1 on est conséquent, on semettra bientôt en bataille íur deux rangs, & enfin fur un seulrang.

Mais ce que les mincistes les plus outrés ne peuvent nouscontester par aucune bonne raison, cest lavantage immense de! ordre solide contre lartillerie, avantage auífi évident quéloi-gné de ì opinion vulgaire, 8c des préjugés qui la détermi-nent , lorsqu on admet aveuglement des erreurs pour principes ,6 e quon raisonne fur les idées le plus fausses.

Òn se méprend dune maniéré étrange sur les effets delartillerie dans les combats, 8c tous ceux qui ont examiné lachoie foncièrement, & qui ont un peu vu la guerre, saventcombien on les exagère. Ce ne peut être que faute dêtre sortide 1 école , & davoir vu ces effets fur des champs de batail-le , qu on fait tant de fausses suppositions fur la vitesse & lajustesse des canonades.

Les différences & les méprises font très-confìdérables mêmeà légard d'une ordonnance contigue, découverte, lourde, 8cinactive; mais elles font énormes relativement à un ordre extrê-mement léger & mobile, parfaitement masqué, 8c avec des in-tervalles bien dés coups doivent nécessairement se perdre.

Nous prions donc de considérer icombien le feu de mous-queterie 8c dartillerie de notre rideau troublera les canonniersennemis, & mettra dinexactitude 8c de lenteur dans le servicede leurs pièces. 2. 0 Que la marche vive de nos bataillons, di-minuant très-fort la distance à chaque coup , les obligera à lesbaisser continuellement. 3 .° que le moindre changement de dire-ction, 8c le recul qui ne peut jamais être bien parallèle fur untérrein qui n est pas parfaitement de niveau, obligeront auífi detoucher aux flasques, 8c de ramener lapiece, ce qui diminueraconsidérablement la vivacité du feu, & se s effets.

11 est certain, que même contre une troupe dun très-grandfront , immobile, & bien découverte, ie canonnier le plus ha-bile ne saurait compter sur le premier coup, qui ne fait querégler le second , & si ce second rectifié lui fait atteindre le