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ventent, cette multiplicité de canon, qui à la vérité a passé unpeu les bornes, doivent à leur tour produire un amincissementplus grand encore, de forte que , fì 1 ’ on est conséquent, on semettra bientôt en bataille íur deux rangs, & enfin fur un seulrang.
Mais ce que les mincistes les plus outrés ne peuvent nouscontester par aucune bonne raison, c’est l’avantage immense de!’ ordre solide contre l’artillerie, avantage auífi évident qu’éloi-gné de ì’ opinion vulgaire, 8c des préjugés qui la détermi-nent , lorsqu’ on admet aveuglement des erreurs pour principes ,6 e qu’on raisonne fur les idées le plus fausses.
Òn se méprend d’une maniéré étrange sur les effets del’artillerie dans les combats, 8c tous ceux qui ont examiné lachoie foncièrement, & qui ont un peu vu la guerre, saventcombien on les exagère. Ce ne peut être que faute d’être sortide 1 ’ école , & d’avoir vu ces effets fur des champs de batail-le , qu’ on fait tant de fausses suppositions fur la vitesse & lajustesse des canonades.
Les différences & les méprises font très-confìdérables mêmeà l’égard d'une ordonnance contigue, découverte, lourde, 8cinactive; mais elles font énormes relativement à un ordre extrê-mement léger & mobile, parfaitement masqué, 8c avec des in-tervalles où bien dés coups doivent nécessairement se perdre.
Nous prions donc de considérer icombien le feu de mous-queterie 8c d’artillerie de notre rideau troublera les canonniersennemis, & mettra d’inexactitude 8c de lenteur dans le servicede leurs pièces. 2. 0 Que la marche vive de nos bataillons, di-minuant très-fort la distance à chaque coup , les obligera à lesbaisser continuellement. 3 .° que le moindre changement de dire-ction, 8c le recul qui ne peut jamais être bien parallèle fur untérrein qui n’ est pas parfaitement de niveau, obligeront auífi detoucher aux flasques, 8c de ramener lapiece, ce qui diminueraconsidérablement la vivacité du feu, & se s effets.
11 est certain, que même contre une troupe d’un très-grandfront , immobile, & bien découverte, ie canonnier le plus ha-bile ne saurait compter sur le premier coup, qui ne fait querégler le second , & si ce second rectifié lui fait atteindre le