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Pensées sur la tactique et la stratégique ou vrais principes de la science militaire / par de Silva
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TACTIQUE

mais on ne doit jamais diminuer la fureté pour augmenter lasubsistance. C est faute davoir donné à cette maxime toute lat-tention nécessaire, que des armées commandées par des Géné-raux de la plus grande capacité ont été battues , ou ont reçudes échecs considérables.

Quoiqu il faille toujours concilier la plus petite étenduepossible des quartiers avec la plus grande commodité des subsi-stances , il y a néanmoins des cas l'on est tellement à l'abride toutes les entreprises de lennemi, qu' on peut íe relâcherfur les précautions, afin de procurer plus daisance aux trou-pes : mais ces cas font très-rares, & ce ne sont que des exce-ptions à la règle générale $ exceptions que celui qui comman-de ne fera jamais fans des raisons bien solides, & fans quelennemi se trouve réduit à une impuissance absolue de riententer.

Au surplus 1 établissement des quartiers doit être relatif auplan des vos opérations successives , aux desseins que peut avoir1 ennemi, & à tout ce qui pourrait arriver , soit pendant lhiver,soit à louverture de la campagne : &: comme vous devez avoirprévu dans quel pays vous prendrez vos quartiers, il faut quevous en ayez acquis davance une connaissance complété , &que vous ayez pris avec autant de foin que de secret les me-sures nécessaires pour vous y ménager toutes les ressources pos-sibles.

Cest incontestablement un tres-grand avantage que de pou-voir prendre des quartiers dhiver dans le pays ennemi : mais ilfaut que ce pays n ait pas été ruiné ou dévasté ; quoutre unegrande partie des subsistances 1 armée y trouve toutes les sû-retés nécessaires j que ses communications avec les frontières deIEtat, ou les places conquises, & les principaux magasins, nesoient ni dissiciles ni hasardées ; & qu on ait pour foi la plu-part îles moyens quil fournit pour la facilité des vivres , desfourrages, & des convois. II faut aussi considérer qu' un paysennemi exige plus de précautions, plus de gardes, plus de par-tis , plus despions ; car non feulement il faut avoir T œil furies mouvemens de larmée qui peut inquiéter vos quartiers,mais aussi fur toutes les démarches des habitans des lieux quon